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Une fresque de Jo Di Bona Place de la République Paris

Fresque de Jo Di Bona Place de la République

16 février 2016  Paris

 

Avant la fresque Quai de Jemmapes, Jo Di Bona avait réalisé deux portraits géants place de la République. Cette fresque orne l’envers de la palissade décorée au lendemain des attentats de la devise parisienne Fluctuat nec mergitur. Cette oeuvre éphémère était à admirer rapidement. A mon avis elle n’existe plus à cette heure.

En effet, un graffeur était déjà à l’oeuvre le lendeman soir même, et aviat entrepris de fiare un dessin par dessus a fresque de JO di Bona, fort heureusement sans effacer sa signature, ni recouvrir le logo de l’ONG Première Urgence Internationale.

Jo Di Bona Place de la République Paris

Jo Di Bona Place de la République Paris

Jo Di Bona Place de la République Paris

Ce 16 février, le street-artiste Jo Di Bona posait l’un de ses fameux wallpapers déchirés, en partenariat avec l’association Première Urgence Internationale. Pour réaliser cette œuvre, il a passé plus de… 13 heures sur place (de 5h00 à 18h30), sans discontinuer !

Il lui fallu trois étapes :

– peinture du fond coloré

– pose des deux portraits, des enfants photographiés dans un camp de réfugiés syriens au Liban

– déchirures du papier pour laisser voir le fond peint

Jo Di Bona Place de la République

Sensibiliser l’opinion publique

Jo Di Bona travaille en collaboration avec l’ONG “Première urgence Internationale”, en faveur des enfants syriens. Ici c’est portraits de jeunes syriens réfugiés au Liban. L’artiste a arraché le portrait pour faire affleurer couleurs et graffiti par dessous. C’est original, haut en couleurs et le résultat est superbe. Le message porteur est fort, le fait d’arracher des lambeaux de portrait ajoute une dimension dramatique à l’oeuvre.

Jo di Bona Place de la République

*crédit photo de ce mur peint  : © Mateo Vitale/Photo PQR Le Parisien / MaxPPP

Jo Di Bona

Jo Di Bona est né dans la banlieue Parisienne. Fervent adepte du graffiti, il crée ce qu’il appellera par la suite le «POP GRAFFITI», qui mélange collages, diverses influences du Graffiti, mais aussi la culture Pop dont il s’est profondément imprégné. Jo rend hommage aux icônes et grands personnages de l’histoire et travaille également sur des portraits d’anonymes.
En 2014, il obtient le 1er Prix du Graffiti à la Fondation EDF. Il participe à de nombreux projets à Paris et dans toute la France : des murs (comme celui réalisé en mai 2015 d’une jeune yézidi sur le M.U.R Oberkampf à Paris), des expositions, des performances live et des ateliers.
En 2015, il participe à un livre hommage « le street-art et Charlie » et à un ouvrage « les murs révoltés ». Il se rapproche d’associations en participant notamment à des ventes aux enchères solidaires. Jo Di Bona travaille en collaboration avec le photographe et réalisateur Alex Gallosi, qui photographie et filme ses performances de street art. 

Jo Di Bona Place de la République Paris

Pouvez-vous nous parler de votre parcours… Dans quel contexte avez-vous commencé à créer ? Pourquoi avoir choisi le graffiti comme moyen d’expression… ainsi que les murs et trains comme premiers supports de création picturale ?
J’ai commencé le dessin très jeune, car j’avais la chance d’avoir un Papa graphiste dans la pub, donc il y avait toujours des feutres, marqueurs et autres crayons chez nous. Puis, vers l’âge de 13 ans, un ami à moi un peu plus vieux a ramené des aérosols dans le quartier après que nous ayons visionnés le film « COLORS ». Nous avons été dans une zone industrielle pour essayer les bombes et nous avons commencé à taguer sur les murs. J’ai eu une sensation indescriptible, un sentiment d’invincibilité et de liberté et je n’ai plus lâché les aérosols par la suite !
J’ai rencontré Nestor ainsi que d’autres graffeurs et je suis devenu addict de ce moyen de peindre rapide, explosif et très coloré ! Et puis surtout, peindre sur les trains ou sur les murs de manière illégale vous remplit d’adrénaline et ça devient vite une véritable drogue !

Jo Di Bona Place de la République Paris
Adepte du graffiti, vous vous en êtes éloigné créant ce que vous appelez le «POP GRAFFITI». Pouvez-vous nous en dire plus sur cette double filiation ?
J’ai peint dans la rue de 1988 à 2000 et de 1991 à 1993 j’ai fait 3 ans d’Arts Plastiques au lycée avec d’autres graffeurs dans la classe de Claudie Laks et elle nous a ouvert les yeux sur autre chose que le graffiti. Nous lui montrions nos photos de graffitis, et elle nous encourageait à les mélanger, à ne pas rester enfermés dans la logique lettrages + contours + personnages… Elle nous a emmenés à Amsterdam pour visiter le Rijksmuseum et là-bas ça a été une grosse claque pour nous ! Nous en avons profité pour peindre sur place et prendre plein de photos de la scène locale, où les graffitis artistes avaient déjà pris un virage créatif assez exceptionnel avec des artistes comme Pone, Delta (Mess), Gasp, tous les I.N.C (In Control)…
Van Gogh et les graffitis locaux nous ont éblouis et nous sommes rentrés des idées plein la tête ! C’est à ce moment-là que j’ai commencé à coller ce que je récupérai à gauche à droite sur mes dessins et que j’ai nommé mon travail le « Pop Graffiti », dès 1991.
J’allais souvent au musée avec mes amis graffeurs et à l’époque je peignais beaucoup avec Nestor et Lek qui m’ont beaucoup appris et influencé. Nous allions souvent visiter les musées et peignions beaucoup dans les terrains de graffs, et je me suis nourri de tout ça : Warhol, Roy Lichtenstein, Jasper Johns, mais aussi bien sûr Bando, Orel, Nasty, Mode 2… J’assume complètement les influences Pop Art et Graffiti Art dans ma peinture, qui est aujourd’hui le mélange de toutes ces rencontres et expériences.

Jo Di Bona Place de la République Paris

Quelles sont vos sources d’inspirations (artistes, personnages, choix des couleurs… ) ?
Aujourd’hui mes sources d’inspiration sont sans limites, elles peuvent bien sûr venir d’artistes comme Soulages, Klein, Dubuffet, Ernest Pignon Ernest, Villéglé, Rotella, Fontana, Max Ernst, Picasso et bien sûr la scène graffiti actuelle qui explose complètement et qui n’a plus de frontières. Mais je peux aussi être influencé par des choses très quotidiennes comme des affiches, pubs, logos, bouquins, films…

Qu’est ce que le «POP GRAFFITI» vous permet-t-il de mettre en lumière ?
A travers le Pop Graffiti, je peux rendre hommage à de grands personnages, faire des clins d’œil à d’autres artistes, être au fait de l’actualité si je le ressens comme ça, travailler sur des portraits d’anonymes… Je suis très libre en fait !

Jo Di Bona Place de la République Paris
La gamme chromatique de vos oeuvres est très étendue. Pouvez-vous nous parler de vos choix de couleurs et de leur impact sur votre oeuvre ?
Comme je vous le disais un peu plus haut, le « Pop Graffiti » me permet de tout exploiter de manière quasi infinie et c’en est de même pour les couleurs ! J’ai pas mal d’envies en fait : des œuvres monochromes, des camaïeux…
Pour mes choix de couleurs, j’essaye de partir avec dans mon sac des couleurs que je n’aurais jamais mariées ensemble par exemple, ou de m’imposer des contraintes : pas plus de 5 ou 6 différentes, ou alors je demande à mon amie : « choisis en 5… ! »
Mais la couleur reste d’une grande importance pour moi, et c’est à mon avis elles qui font que l’œuvre vibre ou pas. J’aime aussi les contraintes : dernièrement sur le festival « Parcours Aucwin » à Saint-Denis, les organisateurs Joachim Romain et Jungle n’avaient prévus que quelques couleurs, les mêmes pour tous les artistes dont un rose hyper flashy… Je me suis éclaté dans cette contrainte et j’ai beaucoup appris en voyant ce que les autres en avaient fait !

67 commentaires pour “Une fresque de Jo Di Bona Place de la République Paris”

  1. je me suis fait la réflexion que les peintures dites modernes, évoluent dans le sens inverse des graffitis !
    Tes superbes photos montrent une évolution vers un art mieux défini, plus perceptible.
    Le message est direct, facile à comprendre, et d’ autant plus important qu’ il est éphémère !
    Merci pour ton article.
    Passe une bonne journée
    Bisous

  2. Hello Francine
    C’est dommage ces fresques qui sont éphémères alors qu’il y a tant de travail pour les réaliser…… C’est comme celle de Coluche à Opio. L’ancienne fresque a été effacé au profit d’une nouvelle et je préférait largement celle de l’ancien artiste…
    Bonne semaine
    Bizz
    Pat

  3. Si les barbouillages de rue me hérissent , le street art me plaît. Celui-ci a une démarche originale qui a un rendu parfait. Une telle oeuvre interpelle ! Bravo monsieur ! Belle semaine Francine bisous

  4. bonjour francine
    je n’arrivais pas à ouvrir ton article du jour ,j’aime beaucoup ces fresques
    j’ai récupéré mon pc et j’espère que cette fois il fonctionnera
    temps couvert et encore avec beaucoup d’humidité
    je te souhaite de passer un bon début de semaine et une agréable fin de journée
    gros bisous

  5. Bonjour Francine
    Alors là j adore toutes ces Fresques elles sont une splendeur en tout merci à toi de nous en faire profiter car franchement ce sont de belles créations et bien sur tes explications sous chaque en te souhaitant un très bon Lundi que tu en profites bien et caresses à tes beaux chats bisous Danielle

  6. Kikou Francine,
    Un petit passage en vitesse , Bernadette et Christophe ont oublié leur linge donc , maman lessive et repasse lol. Je n’ai plus l’habitude d’avoir autant maintenant que nous ne sommes plus que deux , lol. Quel talent cet artiste !
    Passe un bon lundi, gros bisous,
    Nadine

  7. Quel talent vraiment … cette fresque très “vivante”aurait méritée d’être préservée !!
    Belle semaine Francine, ce sera avec un soleil frisquet chez nous mais soleil quand même qui fait du bien au moral !
    Bisous du cœur !
    Nicole

  8. Bonjour Francine,
    chouette encore du street art du même auteur; j’aime c’est très coloré.
    Je dois avouer qu’aujourd’hui je ‘ai pas le temps de lire tout ce que tu as écrit.
    Dès que Georges se réveille de sa sieste,nous irons au bord de la Loire, tant qu’il y a du soleil.
    Bonne journée et bisous.

  9. J’aime beaucoup ces fresques, cet artiste a beaucoup de talent. Je trouve que certains tags sont moches et même provocateurs mais c’est pour cela que je pense que lorsqu’il y a de vrais artistes de talent qui font de si belles oeuvres sur les murs gris, ce serait mieux de les laisser ! et en plus c’est pour une bonne oeuvre !
    Merci pour toutes tes photos et les explications
    Bisous
    Am

  10. Bonjour Francine, quel plaisir de voir ces nouvelles fresques. C’est magnifique et quel beau travail.
    Merci de tes superbes photos.
    Douce fin de journée avec mes amitiés.
    Bisous

  11. Bonsoir Francine, je vois que tu vas être rapidement en week-end? (Rire). Bonn c’est bien car tu vas pouvoir nous préparer de belles pages de blogs.
    Je te souhaite une belle fin de soirée.
    Bisous.

  12. Bonsoir Francine,
    Oui mais pour arracher ce papier ils savent ce qu’ils font,
    un beau résultat et des détails touchants !!
    bien belles photos, j’aime bien aussi la 6ème !!!
    Bonne soirée, bises

  13. D’habitude je ne suis pas fan de ces graffitis. Cependant, cette fresque colorée est belle et ne dénature pas la ville je trouve. Je te souhaite un bon mardi. Gros bisous. FRANCOISE

  14. Bonjour haute en couleurs cette fresque,ce que j’aime dans cette oeuvre c’est les regards ! le temps repart a la pluie … Bon mardi bises

  15. Vraiment réussis ces visages pleins de couleurs. La matière porte généreusement l’expression, je trouve.
    Petit coucou en mode Internet escargot galère avec une sixième livebox en quelques mois et le bout du tunnel toujours pas visible. J’espère que tu vas bien. Grosses bises. Cendrine

  16. Les yeux de cesenfants sont frappants d’inquiétude! :'(
    Heureusement que les photographes rendent éternelles cesoeuvres!
    Bises

  17. bonjour francine
    je passe te faire un petit coucou
    temps couvert avec alternance de soleil et moins de vent qu’hier
    je te souhaite de passer une agréable fin de journée
    bisous

  18. Bonjour Francine , très jolie ses réalisations et dans un but humanitaire , c’est formidable , mais 13 heures tout de même , sacré courage . Bonne fin de mardi , gros bisous et merci Francine .
    Emile

  19. Bonjour Francine
    Tu parles en quoi ? … MDR !!! “aviat entrepris de fiare”
    C’est la même que tu nous as montré l’autre jour qui s’est agrandie ou c’est ailleurs ?
    C’est joli et coloré mais l’en faut pas partout !!!
    bon, c’est éphémère …..
    Merci pour ton partage
    Bises, bonne soirée

    • je cause en queshua !!!! je suis dyslexique quand j’écris sur un clavier, hi hi !!! rectifie, si tu peux, moi je peux 😉 si maintenant le street art c’est partout partout 😆

  20. Bonsoir Francine,
    C’est magnifique !
    Il y a des gens qui ont vraiment beaucoup de talent, bravo !
    Merci pour ces superbes photos, c’est coloré comme j’aime 🙂
    Je te souhaite une belle soirée.
    Bisous.

  21. Bonsoir Francine, oui je vois que te connais bien les constructeurs de ces vieilles forteresses.
    C’était un bon ce Vauban?
    je te souhaite une belle fin de soirée.
    Bisous.

    • il y a des codes à respecter dans le monde du street art, c’est un peu compliqué; dans ce cas présent, c’est inévitable, et entre guillemets” autorisé ” 😉

  22. Bravo Francine, très belle initiation à cet nouvel art qui, malgré l’exubérance de ses couleurs pourrait demeurer obscur pour certains.

  23. Elles sont belles ces fresques, par contre je doute de l’impact en faveur des Syriens … Mais après tout on va bien admirer l’arc de triomphe sans savoir vraiment ce qui est immortalisé dans ses sculptures. Bonne soirée Francine.

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