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Mosaïque de Jeanne d’Arc blessée au 15 rue de Richelieu

Jeanne d’Arc blessée au 15 rue de Richelieu.

Paris 1er

Comme je vous l’ai dit hier, la staute de jeanne d’Arc, rue des Pyramides, est érigée près du lieu où Jeanne d’Arc fut blessée. La rue de Richelieu est à deux pas, en effet. Ce jour là j’allais au 15 rue Richelieu pour tout autre chose, et j’ai eu la surprise de découvrir une mosaïque et une plaque commémorative en l’honneur de Jeanne d’Arc.

C’est une banale porte cochère, une fois poussée, et le porche franchi, on débouche dans une courette. Etonnant : une plaque bleue indique  « Cour Jeanne d’ Arc ». Cette mosaïque (1 mètre de haut sur1,50 mètre de large) s‘inspire des célèbre des Vigiles du Roi Charles VII, de Martial d’Auvergne (1484).

 

Une banale courette?  Pas tant que ça!

 Une plaque de pierre gravée précise . « Ici, le Jeudi 8 Septembre 1429, Jeanne d’ Arc fut blessée en donnant l’assaut qui devait délivrer Paris ». Aucune autre indication n’oriente le curieux sur l’origine de cette décoration, mais a part  la signature  JBP 1987 (pour collège Jean Baptiste Poquelin).

J’ai fait quelques recherches, je vous en livre le résultat, c’est étonnant, et passionnant :

 “Le Collège Jean Baptiste Poquelin, Rue Molière,  bénéficiait, voilà une quinzaine d’années, d’un principal cultivé et à l’esprit aigu. Se sachant dans un secteur riche en souvenirs, il s’est enquis de l’histoire de son établissement et de son emplacement, sans a priori sur la ou les périodes intéressantes. Passionné par ses découvertes, il n’a cessé de les approfondir, jusqu’ à se retrouver à cheval sur le « dos d’âne ».

 Le colonel de Liocourt nous explique, en effet, a propos de : « …l’enceinte récente de Charles V. La muraille, couronnée d’un chemin de ronde crénelé porté sur encorbellement en pierre, était flanquée tous les 120 mètres d’une tour rectangulaire. Elle était précédée de deux fossés l’un rempli d’eau baignant sa base, [32 mètres de large], l’autre sec et séparé du premier par un dos d’âne » [3 mètres de large].

Pour nous repérer sur le terrain, rappelons-nous que la Pucelle ne s’est pas attaquée directement à la Porte mais à une tour de l’enceinte, bien que le boulevard ait été pris d’assaut par le seigneur de Saint-Vallier et sa compagnie.

Jeanne d'Arc blessée au 15 rue de Richelieu

Ayant consulté et confronté un maximum de documents et de plans, Monsieur ALGRAIN, le Principal, en arrive à juste titre à conclure que sa cour occupe l’endroit du dos d’âne où était Jeanne, quand elle reçut le vireton d’arbalète.

 Il se prévaut alors de la haute compétence de Madame Régine Pemoud, qui se rend sur place et authentifie ses théories sur le plan historique.  Le collège est déjà en ébullition. Chacun s’active au service de la mémoire de la Pucelle. Monsieur le Principal a décidé de matérialiser le souvenir de cet événement de toute première
importance. Les adultes comme les élèves participent avec enthousiasme à sa réalisation, sans nuire au déroulement des activités scolaires régulièrement prévues au programme.

Jeanne d'Arc blessée au 15 rue de Richelieu

La professeur d’arts manuels se procure comme modèle une reproduction très agrandie de la gravure des Vigiles du Roi Charles VII ; les élèves découpent et assemblent les éléments qui composeront la mosaïque.  Monsieur Algrain obtient d’un Lycée Technique l’élaboration de la pierre avec la gravure des inscriptions.

Dans un grand magasin, il fait confectionner sur le type de celles des noms de rue, la plaque « Cour Jeanne d’Arc ».
 Plusieurs personnalités participaient à l’inauguration le 22 Mai 1987, dont le Maire du 1er Arrondissement, qui dévoilait la plaque avec Monsieur Algrain. Pour ce dernier ce fut, dit-il lui-même, un grand moment, le couronnement de la longue période vécue là car cette cérémonie précédait de peu son départ pour la retraite.

Les « Amis du Centre Jeanne d’arc » d’Orléans ont été tenus au courant par un bref compte-rendu, paru dans leur bulletin sous la signature de Clovis Duveau, une relation de Monsieur Algrain. 

L’histoire et la rumeur s’accordaient déjà pour situer la zone sur laquelle Jeanne d’Arc avait été blessée.

 Compte tenu des connaissances acquises sur la position de la Porte Saint-Honoré, sur l’orientation des fortifications, leurs éléments constitutifs et leurs dimensions, connaissances confirmées par des fouilles entreprises pour des travaux urbains, ce point avait été précisé sur plan mais : en fonction de repères fourmis par l’enceinte de Charles V.

Jeanne d'Arc blessée au 15 rue de Richelieu

Pour mieux comprendre la localisation de cet endroit sur le terrain, au milieu des diverses adresses que je vous ai citées, il faut savoir que le fond de la cour du 4 Place André Malraux jouxte la Cour Jeanne d’Arc (15 rue de Richelieu), elle-même fermée par la cloison du réfectoire du lycée J .B .Poquelin (4 rue MolIère).

Autre anomalie qui réduit les distances, la  numérotation de la Rue de Richelieu saute du 3 au 15.

 En conclusion, il nous faut reconnaître que c’est à une initiative privée, aux recherches très poussées d’un passionné et à une réalisation collective d’amateurs ardents que Paris doit la localisation exacte et son marquage sur le terrain d’un événement primordial de son histoire. Sans parler de la fierté que le quartier devrait tirer de ce résultat, au moins en le citant dans les renseignements fourmis sur l’immeuble, quelle a été la diffusion donnée à cette
découverte par les autorités compétentes ?

 Jugez-en par vous-même. A part les lecteurs du bulletin d’ Orléans, qui d’ entre nous avait connaissance de la cour Jeanne d’Arc et de tout de qu’ elle représente ?  Monsieur Algrain et son collège ont rendu un service insigne à la cause de la Pucelle.  J.de La Ville-Baugé”

Sources : http://hawbe.perso.neuf.fr/jda/articles/153-18.htm  

 

40 commentaires pour “Mosaïque de Jeanne d’Arc blessée au 15 rue de Richelieu”

  1. tu me la baille belle… je connais bien la rue de Richelieu pour avoir travaillé par là… mais là je tombe sur le c.l… merci madame je peux partir à l aquatraining plus savante qu hier… gros bisous

  2. Bonjour Francine une découverte passionnante merci de partager cette histoire,et félicitation a ce Monsieur pour ces recherches.
    pour les commentaires sur canalblog, nous sommes nombreux a avoir écrit pour ce problèmes mais hélas rien a faire.
    même en étant de canalblog je suis obligé sur certain blogs de réécrire les coordonnées ou cliquer la première initiale!
    bonne journée monique

  3. UNE SUPERBE MOSAIQUE
    ET UNE PLAQUE QUE EN EFFET ON NE DOIT PAS VOIR de la rue
    ET JE N EN AVAIT JAMAIS ENTENDU PARLER
    TU DECOUVRES DES CHOSES EN TE BALADANT
    BONNE FIN DE JOURNEE
    BISES

  4. Bonsoir Francine.
    Très instructif et bien documenté cet article (comme les autres d’ailleurs) et ça doit te demander du temps; je pense, qu’à force, tu t’es fait une bibliothèque de sites sur le sujet.
    Concernant les codes, tu as compris qu’il faut les copier sur des feuilles de bloc-note et non de traitement de texte (ils deviennent illisibles par les programmes).
    J’ai fait comme tout le monde et, à chaque fois que je fais un montage particulier, je vais rechercher le code de base, que je modifie pour l’article; j’ai donc un dossier qui devient bien rempli et le plus difficile est de les nommer pour s’y retrouver !
    Bonne soirée.
    Gilbert

  5. coucou Francine
    c’est toujours dans des endroits bien cachés que l’on découvre de bien belles choses il suffit de bienregarder merci pour le partage
    Bonne soirée Bisous

  6. Très beaux articles Francine,cette recherche historique est très pointue .Elle peut être comparée à une enquête policière sauf qu’à défaut de découvrir un assassin, le “détective” fait ressurgir du passé une réalité historique qui attendait d’être réveillée .
    Qui aurait cru que dans cette cour …
    Je suis aux anges .
    Merci .
    Bisous

  7. Merci Francine pour cette page d’histoire que l’on ne trouve pas dans les manuels scolaires.
    Et merci à tous ceux qui ont travaillé à cette découverte.
    La mosaïque est très belle.
    Je suis certaine que les élèves ont eu grand plaisir à sortir du cadre classique de l’histoire de France.
    Très bonne journée
    Bises du mardi.
    Surfingmoune

  8. bonsoir Francine … C’est un endroit vraiment étonnant que tu as découvert et il méritait amplement que tu en fasses cet article qui m’a passionnée …. Bravo !!! j’espère que plein de parisiens viendront le lire et seront étonnés de découvrir encore plus intimement leur ville …
    bisous bonne fin de soirée et encore bravo !!

  9. bonjour, j’ai bien fait de sortir hier…mais je n’ai rien vu, à l’étang….pas un oiseaux sur l’eau…désert complétement, c’est la première fois que je vois çà..
    Nous voilà repartis pour un tour avec le mauvais temps…
    Bisous de nous deux….

  10. Bonjour Francine,
    C’est en effet une découverte extraordinaire qui aurait pu rester à jamais enfoui dans les méandres de l’histoire sans ce principal perspicace (et tenace)!
    Merci pour le partage!
    Frans

  11. Bonsoir francine , hé oui, par moment c’est agréable de pousser une porte..en tout cas , une belle découverte , il y a des trésors cachés , c’est bien à toi de nous les faire découvrir, bonne soirée , bisous

  12. il n’ est pas rare que ce soit à des passionnés que nous devons des découvertes.
    il est juste dommage, que lorsqu’ ils aboutissent, on fasse peu de cas de leur découverte.
    Heureux hasard que celui qui t’a conduite dans cette courette !
    Merci pour cette petite histoire dans la grande.
    bonne journée
    bisous

  13. Une belle découverte Francine, cette mosaïque est super. L’initiative de ce passionné nous permet ainsi d’en connaitre un peu plus sur l’histoire de Jeanne d’Arc. Merci pour ton travail de recherche. Bises et bon mardi

  14. Bonsoir Francine,

    Voilà des détails de la grande Histoire que je ne connaissais pas. C’est passionnant! Bravo à ce Monsieur pour ce bel esprit de recherche historique
    Bises
    Martine

  15. C’est passionnant, un reportage de toute beauté. Tu as fait un beau travail de recherches.

    J’ai eu l’occasion de découvrir cette plaque et la mosaïque car j’ai passé des années à la BNF à Richelieu pour ma thèse d’histoire de l’art avant d’aller à la Bibliothèque François Mitterrand.Je passais par là tout le temps et je collectais de la documentation sur Jeanne d’Arc, entre autres…

    Si ça peut t’intéresser, il y a aussi une plaque commémorant Jeanne d’Arc sur un mur en face d’une des fontaines du Théâtre Français. Elle est au numéro 163 de la rue Saint-Honoré, juste derrière un lampadaire et on ne la voit presque pas, il faut avoir le nez en l’air et encore… En ce moment, avec les travaux de réfection de l’immeuble d’à côté elle est encore moins visible.
    On y voit un visage représentant Jeanne d’Arc et une plaque commémorative.

    Bonne nuit, bisous

    Cendrine

  16. bonjour très belle cette mosaïque ! un bon exercice pour les élèves de ce collège ! oups au tout début de ton article tu as écris staute au lieu de statue ! bonne journée bises Cathline

  17. Bonjour,
    Votre article a retenu toute mon attention, et m’a rappelé l’époque où je collaborais avec M. Jacques de La Ville Baugé… notamment pour l’essentiel de l’article que vous relaté.
    Par contre, c’est tout à votre honneur d’en indiquer son nom, à la fin, mais il n’est pas évident de savoir que cet article est quasiment le sien.
    Pour preuve, l’article de M. Jacques de La Ville Baugé a été diffusé dans le bulletin des Amis de Jeanne d’Arc, n°153, 2e trim. 1997, auquel j’ai collaboré en tant que membre du chapitre général de ladite Association, ou d’ailleurs il me cite :”Relevant l’existence du bas-relief de Réal del Sarte situé rue St-Honoré, MME GONICHE NOUS RESUME TOUTE LA QUESTION”.
    Aujourd’hui, cet article est toujours disponible ICI : http://www.amis-jeanne-darc.org/
    Et/ou directement ICI :
    http://www.amis-jeanne-darc.org/index.php?option=com_content&view=article&id=241:les-postes-saint-honore-la-place-andre-malraux-la-cour-jeanne-darc&catid=45:monuments&Itemid=79

    Pour votre information, M. Jacques de La ville Baugé était notre Chargé des relations publiques.
    Pour ma part, afin de lui rendre hommage, je lui dédie tous mes travaux johanniques.

    Cf. PAGES 18 A 20 : LES PORTES ST HONORE – LA PLACE ANDRE MALRAUX
    LA COUR JEANNE D’ARC
    Pour une meilleure compréhension de l’ensemble, mieux vaut que je dissocie les péripéties de Jeanne d’Arc dans ce quartier, du récit des modifications d’emplacement ou d’appellation de certains de ses lieux caractéristiques.

    Relevant l’existence du bas-relief de Réal del Sarte situé rue St-Honoré, Mme Goniche nous résume toute la question.

    L’ECHEC DEVANT PARIS – 163, rue St-Honoré – Paris 1er
    Le 8 septembre 1429
    A la hauteur du n°163, rue St-Honoré, Paris 1er, s’ouvrait dans l’enceinte de Charles V, la porte devant laquelle Jeanne d’ Arc fut blessée, le 8 Septembre 1429.
    Paris est alors tenu par les Anglais.
    L’armée de Charles VII est campée à St Denis.

    Avant de venir attaquer la Porte St-Honoré, à la tête d’une avant-garde, Jeanne s’arrête quelques instants pour se recueillir au petit sanctuaire de St-Denys-de-La-Chapelle (cette église est située au 16, rue de la Chapelle, Paris 18e).
    La forteresse est défendue par un fossé plein d’eau que Jeanne d’Arc et ses hommes s’efforcent de combler avec des fascines. Comme Jeanne mesure avec sa lance la profondeur de l’eau, un trait d’arbalète lui déchire la cuisse. Elle reçoit les premiers soins dans une maison qui occupait l’emplacement du n°4 de la Place André Malraux, tandis que sa troupe bat en retraite.

    Aujourd’hui, sur la façade de l’immeuble, entre 2 fenêtres du 1er étage :
    LA TETE CASQUEE DE JEANNE D’ARC
    Soulignée d’inscriptions relatant le siège de Paris, où elle fut blessée :
    “ICI S’ELEVAIT LA PORTE STE. HONORE
    PRES DE LAQUELLE
    JEANNE D’ARC FUT BLESSEE
    LE 8 SEPTEMBRE 1429″

    La ville de Paris, par des panneaux en forme d’écu sur les lieux d’événements importants ou sur les emplacements d’anciens monuments, informe le passant de ce qui relève de l’histoire de tel ou tel quartier.

    Ici, à l’aplomb du bas-relief, le texte : “Porte St-Honoré – ouverte en 1380 dans l’enceinte de Charles V, la seconde Porte St-Honoré formait un carré d’un étage, flanqué à chaque angle par une tour ronde.
    Jeanne d’Arc y tenta une offensive le 8 Septembre 1429 pour reprendre Paris aux Anglais. Mais elle eut la cuisse percée d’une flèche alors qu’elle sondait le fossé rempli d’eau pour le faire combler avec des fagots… La porte fut démolie en 1636…”
    Blessée, Jeanne d’Arc fut-elle transportée Place André Malraux ?

    Hillairet (1), qui a étudié de près les environs du Palais Royal, se demandait à propos de la déambulation d’un amoureux de Paris : “Peut-être notre promeneur s’attarda-t-il à rechercher la vieille chaumière à l’enseigne des Genets, où Jeanne d’Arc avait été transportée après sa blessure lorsque, le 8 Septembre 1429, elle avait attaqué la Porte St-Honoré pour délivrer Paris des Anglais, maison que l’on situe vers le 4 de notre Place du Théâtre Français (2)… “

    Mise à part la remarque de Mme GONICHE citée précédemment, je n’ai pas relevé sur cette évacuation d’autre allusion, qui aurait permis d’en mieux situer l’endroit. Cette halte est plausible car, à l’épreuve physique de sa blessure s’ajoute, dans l’instant, le choc moral de la mort de son page Raymond, tué à côté d’elle.

    En tout cas, Jeanne reprit rapidement ses esprits car le colonel de Liocourt, sans évoquer la moindre pause, nous la montre s’activant et bataillant jusqu’ à ce que, à la nuit tombée, on la ramène de force à la Chapelle.(3)

    La ville de Paris possède l’ensemble d’un pâté de maisons, dont fait partie un immeuble anonyme et paisible, hébergeant surtout des bureaux :
    Le 15 de la Rue de Richelieu.
    Que Jules Grévy y ait habité, seul détail retenu et cité à la Mairie du 1er comme dans les ouvrages spécialisés, ne lui ajoute aucun éclat.

    Poussez la porte cochère et traversez le porche. Vous serez surpris à la vue d’une plaque bleue: “Cour Jeanne d’ Arc”, baptisant ainsi une courette sans élégance.

    L’explication vous viendra du mur de droite :
    Une mosaïque (1 mètre de haut sur1,50 mètre de large) y a été posée.
    Elle s‘inspire d’une inspiration célèbre des Vigiles du Roi Charles VII, de Martial d’Auvergne (1484).

    Une plaque de pierre gravée précise : “ICI, LE JEUDI 8 SEPTEMBRE 1429, JEANNE D’ ARC FUT BLESSEE EN DONNANT L’ASSAUT QUI DEVAIT DELIVRER PARIS”.
    Aucune autre indication n’oriente le curieux sur l’origine de cette décoration.

    Le Collège Jean Baptiste Poquelin, Rue Molière, (4) bénéficiait, voilà une quinzaine d’années, d’un principal cultivé et à l’esprit aigu.
    Se sachant dans un secteur riche en souvenirs, il s’est enquis de l’histoire de son établissement et de son emplacement, sans a priori sur la ou les périodes intéressantes.
    Passionné par ses découvertes, il n’a cessé de les approfondir, jusqu’ à se retrouver à cheval sur le “dos d’âne”.

    Le colonel de Liocourt (3) -[Page 221] nous explique, en effet, à propos de : “…l’enceinte récente de Charles V. La muraille, couronnée d’un chemin de ronde crénelé porté sur encorbellement en pierre, était flanquée tous les 120 mètres d’une tour rectangulaire. Elle était précédée de deux fossés l’un rempli d’eau baignant sa base, [32 mètres de large], l’autre sec et séparé du premier par un dos d’âne » [3 mètres de large].
    Pour nous repérer sur le terrain, rappelons-nous que la Pucelle ne s’est pas attaquée directement à la Porte mais à une tour de l’enceinte, bien que le boulevard ait été pris d’assaut par le seigneur de St-Vallier et sa compagnie.
    Ayant consulté et confronté un maximum de documents et de plans, M. Algrain, le Principal, en arrive à juste titre à conclure que sa cour occupe l’endroit du dos d’âne où était Jeanne, quand elle reçut le vireton d’arbalète.
    Il se prévaut alors de la haute compétence de Mme Régine Pemoud, qui se rend sur place et authentifie ses théories sur le plan historique.

    Le collège est déjà en ébullition. Chacun s’active au service de la mémoire de la Pucelle. M. le Principal a décidé de matérialiser le souvenir de cet événement de toute première importance. Les adultes comme les élèves participent avec enthousiasme à sa réalisation, sans nuire au déroulement des activités scolaires régulièrement prévues au programme.
    La professeur d’arts manuels s
    e procure comme modèle une reproduction très agrandie de la gravure des Vigiles du Roi Charles VII ; les élèves découpent et assemblent les éléments qui composeront la mosaïque.
    M. Algrain obtient d’un Lycée Technique l’élaboration de la pierre avec la gravure des inscriptions.
    Dans un grand magasin, il fait confectionner sur le type de celles des noms de rue, la plaque “Cour Jeanne d’Arc”.

    Plusieurs personnalités participaient à l’inauguration le 22 Mai 1987, dont le Maire du 1er Arrondissement, qui dévoilait la plaque avec M. Algrain. Pour ce dernier ce fut, dit-il lui-même, un grand moment, le couronnement de la longue période vécue là car cette cérémonie précédait de peu son départ pour la retraite.

    Les “Amis du Centre Jeanne d’Arc d’Orléans” ont été tenus au courant par un bref compte-rendu, paru dans leur bulletin sous la signature de Clovis Duveau, une relation de M. Algrain.
    L’histoire et la rumeur s’accordaient déjà pour situer la zone sur laquelle Jeanne d’Arc avait été blessée.

    Compte tenu des connaissances acquises sur la position de la Porte St-Honoré, sur l’orientation des fortifications, leurs éléments constitutifs et leurs dimensions, connaissances confirmées par des fouilles entreprises pour des travaux urbains, ce point avait été précisé sur plan (5) mais : en fonction de repères fourmis par l’enceinte de Charles V.
    Pour mieux comprendre la localisation de cet endroit sur le terrain, au milieu des diverses adresses que je vous ai citées, il faut savoir que le fond de la cour du 4 Place André Malraux jouxte la Cour Jeanne d’Arc (15 rue de Richelieu), elle-même fermée par la cloison du réfectoire du lycée J .B .Poquelin (4 rue Molière). Autre anomalie qui réduit les distances, la numérotation de la Rue de Richelieu saute du 3 au 15.

    En conclusion, il nous faut reconnaître que c’

  18. SUITE…
    En conclusion, il nous faut reconnaître que c’est à une initiative privée, aux recherches très poussées d’un passionné et à une réalisation collective d’amateurs ardents que Paris doit la localisation exacte et son marquage sur le terrain d’un événement primordial de son histoire.
    Sans parler de la fierté que le quartier devrait tirer de ce résultat, au moins en le citant dans les renseignements fourmis sur l’immeuble, quelle a été la diffusion donnée à cette découverte par les autorités compétentes ?
    Jugez-en par vous-même. A part les lecteurs du bulletin d’Orléans, qui d’entre nous avait connaissance de la cour Jeanne d’Arc et de tout de qu’ elle représente ?
    M. Algrain et son collège ont rendu un service insigne à la cause de la Pucelle.

    J.de La Ville-Baugé

    NOTES :
    (1) Jacques HILLAIRET : La rue de RichelIeu. 1966. Page 13
    (2) Depuis quelques années, la place du Théâtre Français a été rebaptisée Place André Malraux.
    (3) Colonel de Liocourt : La Mission de Jeanne d’Arc. Tome II : L’exécution-Nouvelles Editions Latines. Page 225.
    (4) Pour ceux qui ne connaissent pas ce quartier, les rues Molière et de Richelieu forment avec la place André Malraux un triangle rectangle de 150 m de haut et de 50 m de large.
    (5) Guy LE HALLE -Les fortifications de Paris (Horvath) plan a la page ~1. HOFFBAUER- Paris à travers les âges. Plan au chapitre: Palais-Royal.

    Copie Conforme : M. Pierre Maire, Vice-Président de l’Association Universelle des Amis de Jeanne d’Arc – 85 rue Petit – 75019 Paris.

    Johanniquement
    Chantal Goniche – Association Universelle des Amis de Jeanne d’Arc.

  19. C’est avec plaisir que je découvre votre note sur la cour du numéro 15 de la rue de Richelieu, ainsi d’ailleurs que le commentaire de Chantal s’y rapportant. Je ne manquerai pas, lors d’un prochain passage à Paris de visiter ce lieu attaché à l’histoire de la Pucelle. Merci de l’avoir évoqué sur votre blog, faute de quoi je n’en aurais peut-être rien su… Si vous vous intéressez, comme je le pense, à l’histoire de Jehanne, vous trouverez sur mon blog quelques billets s’y rapportant.

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