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Les pleurants du tombeau de Jean sans Peur (2)

Exposition “Larmes d’albâtre”

Les pleurants du tombeau de Jean sans Peur

Musée de Cluny musée national du Moyen Âge
6, place Paul Painlevé Paris 5ème

 

Les pleurants de Dijon : humains, tellement humains

Les pleurants du tombeau de Jean sans Peur

Les pleurants du tombeau de Jean Sans Peur et de sa femme Marguerite de Bavière ont terminé leur tournée à Paris au musée de Cluny. Ces petites figures d’albâtre d’une quarantaine de centimètres datent du XVe siècle, elles forment une procession d’une infinie tristesse.

  Les pleurants du tombeau de Jean sans Peur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La douleur mise en scène

La douleur est mise en scène de façon stupéfiante de réalisme. Chacun des trente-sept pleurants exprime à sa manière l’inertie du deuil.
“Il dissimule pudiquement son visage sous le chaperon rabattu de son manteau. D’une main noyée dans le remous des plis du tissu se cognant dans un mouvement d’une étonnante légèreté, il écrase une larme au coin de sa paupière. De l’autre, posée sur sa poitrine, il soutient sa peine d’avoir perdu un être cher.”

Les pleurants du tombeau de Jean sans Peur

Un pleurant observe son chapelet brisé, un autre lit un livre, l’air lointain. Front plissé, nez retroussé, bouche grimaçante… ”  Clercs, moines chartreux, seigneurs… Chaque douleur est différente. Aucune ne laisse indifférent. « Elles se répondent dans une conversation muette », insiste Laurent Busine, commissaire de l’exposition et directeur du musée des Arts contemporains MaC’s Grand-Hornu.

Les pleurants du tombeau de Jean sans Peur

Tant d’amour et tant de larmes”
L’iconographie n’est pas nouvelle, elle reprend une tradition du début du XIIIe siècle. Mais ici les visages ravagés par le chagrin incarnent “cette nouvelle expressivité dans la sculpture qui fit de la Bourgogne l’un des grands foyers artistiques de la fin du Moyen Age”.
Ce réalisme fut initié par le Hollandais Claus Sluter et son élève et neveu Claus de Werve lors de la réalisation du tombeau de Philippe le Hardi (1404-1410).

Les pleurants du tombeau de Jean sans Peur

Le tombeau de Jean sans Peur, commandé en 1435, achevé en 1470 par Jean de la Huerta et Antoine le Moiturier, est la réplique presque identique de celui de son père. A tel point que leurs pleurants qui furent mélangés au moment des profanations de la Révolution française le sont restés.

Le tombeau de Jean sans Peur se trouve au musée des Beaux-Arts de Dijon. Le cortège funèbre des pleurants est sous le tombeau, dans des arcades finement ciselées. Ils prient pour le salut des duc, leur garantissant ainsi une place parmi les élus au moment du Jugement dernier.

Les pleurants du tombeau de Jean sans Peur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les pleurants, ainsi isolés de leur contexte, nous ramènent à notre humanité, tout simplement. Ce sont des êtres humains saisis dans un moment de désarroi. Comme lors de la cérémonie, se succèdent différentes personnes, religieux ou laïcs tous vêtus d’un manteau de deuil. Certains pleurants firent l’objet de discrets rehauts d’or et de couleurs par Jean Malouel, peintre officiel de la cour ducale.

Les pleurants du tombeau de Jean sans Peur  

Le cortège des pleurants
Autour du sarcophage le cortège des pleurants évoque le souvenir du convoi funèbre, interminable, qui avait suivi la dépouille de Jean sans Peur.

Les pleurants du tombeau de Jean sans Peur

Le projet du tombeau s’inscrit dans une tradition qui, depuis le XIIIE siècle en France, représentait la cérémonie des funérailles ou celle de l’absoute* en présence de la famille du défunt.

Mais jamais on n’avait entrepris de décrire avec une telle précision et une telle ampleur une suite aussi hiérarchisée et caractérisée : l’Eglise d’abord, puis la famille, enfin les amis, officiers et serviteurs.Le clergé ouvre la marche, suivi de deux petits enfants de choeur.

Les pleurants du tombeau de Jean sans Peur

Le recueillement ou la méditation caractérisent les membres du clergé, en tête du défilé. Puis la tristesse des pleurants est déclinée à l’aide d’une gestuelle simple, que les vêtements épais accompagnent et soulignent.

  Les pleurants du tombeau de Jean sans Peur

Beaucoup de visages sont d’ailleurs dissimulés par les chaperons, tandis que les sentiments se manifestent dans les gestes de consolation, ou par des mains qui s’étreignent ou se crispent sur les vêtements.

  Les pleurants du tombeau de Jean sans Peur

La froide douceur de l’albâtre légèrement veiné, approchant celle de l’ivoire, n’est distraite que par de délicats rehauts d’or, surtout présents sur les vêtements et accessoires du clergé;les cuirs ou les dizains du cortège profitent aussi de quelques touches de couleurs.La grandeur de la représentation réside  dans cettepuissante  et solennelle variation sur le thème de la douleur retenue.

L’absoute, dans l’ancienne liturgie catholique (avant Vatican II) était la prière pénitentielle pour le pardon des péchés du défunt, qui clôturait la cérémonie des funérailles, soit dans l’église soit au cimetière. Elle incluait une dernière absolution des péchés.

http://www.histoire.presse.fr/
http://www.narthex.fr/ 

30 commentaires pour “Les pleurants du tombeau de Jean sans Peur (2)”

  1. des photos sublimes

     quel talent   ces sculpteurs

     je ne conaissait pas  merci  Francine

     bises et belle journée pour toi

     kenavo

  2. ces statues m’ont l’air très belles  mais les images ont bien du mal à s’afficher  ce soir et ce n’est pas que chez toi  bonne soirée  Bises Cathline

  3. Encore et toujours de magifiques images. C’est vraiment beau et je pense que l’exposition de toutes ces merveilles devait être émouvante.

    Merci de l’avoir fait connaitre à un parisien qui ne l’a pas vue…

    Et pour revenir sur le sujet, ton reportage est une réussite.

    Bises admiratives

  4. Bonsoir Francine,

    la suite de ce reportage et vraiment magnifique, félicitations pour ses photos superbes qui mettent tous ses personnages dans leur juste valeur.

    Bonne soirée

    amitiés

  5. Bonjour,

    Ces statues sont très belles et d’un réalisme incroyable…. Merci pour ce passionnant article… et bravo pour tes clichés….

    Je te souhaite une très belle journée

    Chronique

  6. Bonjour Francine, merci pour ce très beau reportage, cette expo est magnifique, il faudra que j’aille voir cela, en plus j’aime beau le Musée de Cluny, et son quartier très animé….. Tes photos sont superbes, merci de nous les offrir en partage sur la blogo de l’amitié…. BOnne soirée et bon week-end, bisous à bientôt.  “Miss Mary”

  7. bonsoir Francine … ces statuettes sont splendides et je rêve d’en possèder une pareille … j’en ai une collection ramenée de divers pays et qui représentent des personnages de la mythologie mais leur facture est bien moins belle et leurs expressions bien moins travaillées ….

    tes photos sont superbes, ton texte très bien construit et interessant .. en bref, c’est un méga super article !! bravo

    bisous et bon samedi

  8. Bonsoir Francine,

    Les photos donnent l’impression d’être en relief, pas d’ombre disgracieuse, joli; et le textes, c’est toute une histoire.

    Alors on vous a brûlé également un observatoire! Le notre devrait être refait débur 2014. On espère… Bon WE

    Patrick

  9. Ces petites sculptures sont magnifiques, tellement émouvantes et raffinées. Tes photos leur rendent magnifiquement hommage.

    J’espère que tu vas bien, je te souhaite un beau dimanche, bisous

    Cendrine

  10. Je reste sans voix!!!!!!!!
    Je suis une débutante dans un cours de photo…..alors que j’ai fait des milliers de photos!!!
    Mais j’apprends!!!
    Merci Francine….c’est somptueux …et pas seulemement les sujets photographiés..!
    Bises

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