logo

L’église Saint Etienne du Mont

L’église Saint-Étienne-du-Mont se situe sur la montagne Sainte-Geneviève, près du Panthéon, et au fond de la place. L’église a succédé au monastère des Saints-Apôtres  que Clovis et son épouse Clotilde firent édifier au sommet de la colline Sainte Geneviève. Ils avaient coutume d’aller y prier, et ils empruntaient un chemin devenu ” rue de la Montagne-Sainte-Geneviève “. Le monastère s’appela par la suite ” Abbaye Sainte-Geneviève ” et abrita les tombeaux respectifs de Clovis, de Clotilde et de sainte Geneviève. Cette sainte fille, la patronne vénérée de Paris, y fut inhumée à côté des époux royaux. 

L’édifice, avec ses longues fenêtres à ogives disposées deux par deux, et flanquées à l’encoignure gauche d’une tourelle à toit pointu, semble annoncer une demeure seigneuriale, quelque hôtel princier du XVe ou du XVIe siècle.
La superbe façade de Saint-Étienne du Mont est un bijou architectural, dont la première pierre fut posée le 2 août 1610, trois mois après l’assassinat d’Henri IV. C’est Marguerite de Valois, sa première femme, qui l’a posée. 

*Corneille, et à droite la tour Clovis, qui est l’ancien clocher de l’abbatiale Sainte-Geneviève qui fut construite au début du VIème siècle selon le vœu de Clovis 1er, roi des Francs, et dans laquelle il fut inhumé avec sa femme, la reine Clotilde.

Les origines de l’église Saint Etienne du Mont se confondent avec celles de l’abbaye royale de Sainte Geneviève : d’abord simple chapelle dans une crypte, cette église paroissiale accolée au mur nord de sa voisine, date de 1222. Devenue insuffisante pour la plus grosse paroisse de l’Université, son choeur et son clocher sont rebâtis à partir de 1492. La première pierre de la façade occidentale est posée par Marguerite de Valois en 1610, et la dédicace célébrée le 15 février 1626 par Jean-François de Gondi, 1er archevêque de Paris. 

Elle possède le seul jubé monumental (1545) et le plus ancien buffet d’orgues de Paris (1631), un fragment de la châsse* de Sainte Geneviève, patronne de la ville, et un remarquable ensemble de vitraux (fin XVI-XVII siècle) dû à la générosité de ses paroissiens.

Commencée sous François 1er, elle fut terminée sous Louis XIII. Consacrée en temple de la piété filiale sous la Révolution, restaurée sous le second Empire par Baltard, elle est le théatre le 3 janvier 1857, de l’assassinat de l’archevêque de Paris, Monseigneur Sibour, par le prêtre interdit Jean Verger.

La façade
Construite au XVIème siècle, Saint-Étienne frappe le visiteur par son style particulier et peu courant dans la capitale, à commencer par sa façade. On est en effet en pleine période de transition entre le gothique, sous sa forme dernière, le flamboyant, et la Renaissance influencée par l’Antiquité.

La façade (édifiée de 1610 à 1622) est à l’extérieur l’élément le plus singulier : c’est un ensemble harmonieux où un décor Renaissance, unique à Paris sinon en France, s’intègre à une structure héritée du Moyen Age, tripartite et élevée. Au premier niveau, le portail évoque un temple grec ; au sommet, l’ensemble se termine par un haut pinacle gothique.
Cette façade a été restaurée au XIXème siècle par l’architecte Baltard qui refit la statuaire détruite à la Révolution. Elle est couronnée par un haut clocher.

Le jubé
Élément remarquable de l’église, le jubé construit au début du XVIème siècle, est le seul subsistant à Paris.
Au Moyen Age, le jubé est à la fois une barrière séparant le chœur, où se tiennent les religieux et les chanoines, de la nef où sont les simples laïcs, et une tribune d’où est proclamée la Sainte Parole (d’où son nom, correspondant au début de la prière par laquelle le lecteur demandait la bénédiction au prêtre : ” jube, domine, benedicere…” : ” Daigne me bénir, Seigneur…”).

Avec la volonté de rendre le déroulement des cérémonies de la messe visible pour tous, la plupart des jubés disparaissent au XVIIIème siècle.

Ce jubé allie une structure gothique interne et une ornementation pleinement Renaissance. La balustrade est un entrelac de dentelle de pierre, sculpté dans du calcaire de Saint-Leu. Deux escaliers à claire voie s’enroulent autour des piliers, desservant à la fois le jubé et la coursive, dont la fonction exacte, autre que décorative, n’est pas bien établie.
Alors que les noms de la plupart des artisans ayant participé à la construction de l’église nous sont connus, curieusement on ignore l’auteur de ce chef-d’oeuvre.

La chapelle Sainte-Geneviève
Sous la Terreur, les reliques de la sainte ont été brûlées et la châsse a été fondue. Cette chapelle (réunion de deux petites chapelles) abrite donc les reliques qui ont subsisté dans d’autres églises.

Son style artistique diffère totalement de celui des autres chapelles : le décor en a été renouvelé en 1855 sur un programme néogothique arrêté par le jésuite Arthur Martin (1801-1856). On retiendra le somptueux autel dédié à la sainte et organisé autour d’une statue d’Achille Valois.

Le décor de l’autel dédié à la sainte dans la chapelle Sainte-Geneviève a été conçu en 1855 par le théoricien du néogothique, le jésuite Arthur Martin, dont le projet ne laisse pas un cm2 de mur et de voûte à nu !

La châsse de Sainte Geneviève

Le seconde châsse, qui contient un doigt de la sainte.

La galerie des Charniers et les vitraux
Au chevet de l’église, la galerie des Charniers expose douze verrières Renaissance qui comptent parmi les plus belles de Paris.

Le miracle des Billettes

 Selon la légende, dont la plus ancienne relation remonte à 1322, une femme pauvre a déposé ses habits chez un usurier juif contre trente sous. Voulant les récupérer pour Pâques mais n’ayant pas l’argent nécessaire, elle a donné en échange l’hostie consacrée de la communion dissimulée sous sa langue. Le prêteur a volé l’hostie, qui saigne, pour la faire cuire dans un chaudron. L’eau bouillante se transforme en bain de sang. Une voisine récupère l’hostie et la porte au curé. L’usurier est brûlé, sa femme et ses enfants sont convertis. Leur maison est rasée et remplacée par une chapelle. L’hostie miraculée sera conservée comme une relique dans l’église Saint-Jean-de-Grève jusqu’à la Révolution.

À l’origine, les galeries des Charniers accueillaient vingt-quatre verrières disposées à hauteur d’homme. Comme le lieu, notamment la galerie orientale, était consacré à la communion, le thème artistique illustrait le sacrement de l’Eucharistie et ses symboles dans la liturgie catholique. Le but se voulait avant tout pédagogique. Il fallait instruire les fidèles sur les dogmes de leur foi et les traditions de l’Église. Ces vitraux sont datés du premier quart du XVIIe siècle.

Procession à Sainte Geneviève
Sur ce vitrail (qui date du XIXe siècle) on reconnait la façade de l’église Saint-Etienne-du-Mont ; à son flanc, on voit l’église Sainte-Geneviève (dont on reconnait le clocher qui est aujourd’hui la tour Clovis du lycée Henri-IV) dans laquelle rentre la procession. La Procession de la châsse de sainte Geneviève, 1882. Atelier d’Édouard Didron (baie 16), d’après un dessin du XVIIe siècle.

Vitrail vie de Sainte Geneviève
L’histoire de sainte Geneviève est donnée par deux vitraux de sa chapelle. Tous deux sont réalisés par l’atelier du maître verrier Claude Riquier.

Le premier (1869) concerne sa jeunesse : elle rencontre l’évêque saint Germain d’Auxerre et saint Loup ; elle guérit sa mère Gérontia devenue aveugle après avoir giflé sa fille qui lui annonçait son désir de se consacrer à Dieu ; elle reçoit le voile des vierges des mains de l’évêque Villicus ; elle est hantée dans son sommeil par la vision du paradis et de l’enfer.
Le second (1877) relate la vie de la sainte, une fois adulte : elle ravitaille les Parisiens ; elle les exhorte, en 451, à résister aux Huns qui menacent la capitale ; elle fait fuir le démon qui tourmente une jeune fille ; elle s’éteint vers 500 ou 512. Dans ce dernier panneau, la bannière de l’ange au pied du lit indique que ce vitrail est une donation de l’Institut des dames de sainte Geneviève. Ces deux registres sont dominés par des hauts dais, un style caractéristique du XVe siècle.

*Adoration des Mages Vitrail Renaissance premier quart du 18 e siècle

Eglise Saint Etienne du Mont 

Place du Panthéon Paris 5

Sources :
Saint Etienne du Mont
patrimoine histoire

complément wikipedia

44 commentaires pour “L’église Saint Etienne du Mont”

  1. Re, ah oui un très beau reportage sur cette église que je ne connaissais pas l’église Saint Etienne du Mont , oui dans les premières photos on reconnait bien le style renaissance et ensuite l’évolution , très belle la légende , les verrières Renaissance sont vraiment magnifiques ,ça raconte toute une histoire et légende j’adore ça, vraiment à l’époque ils étaient très doués , l’architecture est magnifique , un endroit ou il y à beaucoup de choses à y découvrir.
    Merci de ce beau partage , ouf ça va mieux il fait moins chaud , je vois que tu avis le climatiseur moi je n’ai mis que le ventilo car c’est surtout samedi ici que c’était vraiment intenable.
    Passe une très bonne soirée et une très bonne fin de semaine bisous.

  2. Bonjour Francine
    Ce sont de véritables oeuvres d’art ! Je pense à tous les artistes qui ont réalisé tout cela pour notre plus grand plaisir. Et aussi je te remercie de nous régaler ainsi avec tes superbes photos et toutes ces informations.
    Bisous
    Am

  3. bonjour
    c’est un trés beau reportage
    cette église est superbe et de belles photos
    dans les églises ou les cthédrales on apprend toujours quelques choses , elles sont chargées d histoire
    bonne soirée Francine
    kénavo

  4. Bonjour Francine,
    Quelle belle église, mes amis de la Société Polaris ont réalisé un spectacle à l’intérieur « PARIS S’APPELAIT LUTECE », super, je suis allé plusieurs fois les voir.
    Le reste toujours scotché devant le Jubé, trop beau.
    Tes photos sont magnifiques, encore bravo.
    Bises et bonne journée, Chris

  5. Bonjour Francine, et oui la météo a bien changé mais à part la fraîcheur il n’a pas plu beaucoup, pas de quoi entretenir la végétation.
    Mais bon ce dimanche sera plus agréable.
    Je te souhaite de passer cette journée très agréablement.
    Bisous.

  6. Bonsoir Francine, je trouve cette église vraiment particulière avec son haut clocher, tu nous en parles merveilleusement bien, elle vaut vraiment le détour ! J’ai pris mon temps pour regarder ton billet et admirer tes photos, l’intérieur de l’église est remarquable.
    Mon école s’appelait l’école Sainte Geneviève. …
    Grosses bises et bon week-end, fanfan

  7. Un bien bel intérieur raffiné en cette magnifique église : merci pour son histoire qui a traversé les temps de façon insolite parfois et j’ai appris un certain vocabulaire comme le “jubé”… Les vitraux sont superbes, le tout est admirablement conservé et grandiose. Tes clichés nous la font découvrir dans les moindres recoins : merci Francine de toujours nous en apprendre tellement sur les monuments de Paris et ses quartiers.
    Pensées d’amitié ch’tis sous le soleil mais nous attendons les orages demain … la logique rituelle après des chaleurs anormales par chez nous ! Nicole

  8. Bonjour Francine, de bien jolis vitraux dans cette église.
    Je pense que rester dans ces lieux en ce moment cela vaut une climatisation?
    En général ces édifices sont et restent frais à l’intérieur.
    Pour l’EDF et oui les prix augmentent toujours.
    Je te souhaite de passer une très belle journée.
    Bisous.

  9. Une église superbe ! Au début son clocher et la hauteur de l’édifice m’ont surpris, et puis je suis tombée sous le charme du jubé, des beaux vitraux. Bon week-end, gros bisous. FRANCOISE

  10. Kikou Francine,
    Je dirais toujours, mais quelle beauté.
    Quelle histoire que celle de cette église.
    Son architecture est admirable.
    Et son intérieur, sublime !
    Merci de toujours nous détailler les histoires.
    Bon week-end avec de gros bisous ♥

  11. Bonjour Francine
    Magnifique article sur un site non moins magnifique et surtout chargé d’histoire. J’ai tenté vainement de faire appelle à ma mémoire mais je ne crois pas avoir visité cette église, très belle intérieurement aussi.
    J’espère que tu vas bien avec cette chaleur
    Prend soin de toi
    Gros bisous
    @lain

  12. coucou de superbes photos de cette magnifique église ,il fait très chaud aujourd’hui chez nous c’est des 40 degrés a l’ombre , je te souhaite un très bon Vendredi, bises

  13. bonjour Francine
    je la découvre sur ton blog, elle est splendide autant à l’extérieur qu’à l’intérieur, que de travail que de détails, je pense que la visite doit se faire sur une plage horaire assez longue
    bisous

  14. un reportage intéressant de cette belle église Francine

    je ne pense pas que j’ai déjà vu des escaliers pareils, autour des piliers d’une église

    merci pour ce partage bien documenté

    bonne fin de semaine

  15. Bonjour Francine, et oui il fait chaud en France de quoi se rôtir au soleil!
    J’ouvre les volets, fenêtres portes de très bonne heure afin de ventiler et de rafraîchir les pièces puis je ferme tout après avant la chaleur.
    Demain je commence à mettre le voyage.
    Je te souhaite une belle journée.
    Bisous.

  16. Je la trouve très belle et l’intérieur est d’une grande richesse. J’apprécie en particulier les vitraux grandioses ! Comme d’habitude tes photos mettent superbement en valeur ce patrimoine…Merci pour ce reportage. Bisous et bonne fin de semaine

  17. L’architecture intérieure est magnifique ainsi que la façade.
    J’aurais jamais imaginé la grande luminosité de l’intérieur, bravo, cette série est une des plus intéressantes parmi toutes celles que tu nous as proposé jusqu’ici.
    Tu m’as mis l’eau à la bouche, je ne manquerais pas l’occasion d’une visite.
    Merci de nous faire connaitre tant de beauté, ça n’a pas de prix.
    Je te souhaite une excellente fin de semaine.

  18. Bonjour Francine.
    Il doit faire frais dans ces bâtiments religieux !
    Nous sommes sortis en matinée, pour faire quelques courses, avons eu du mal à rentrer chez nous en raison de travaux et nous n’avons plus bougé.
    Maintenant, c’est l’heure du jacuzzi à 33°: ça va nous refraîchir.
    Gilbert et Bernadette

  19. Bonjour Francine, un grand merci pour ton merveilleux reportage, tes photos sont magnifiques. L’intérieur de l’église et sublime, le jubé de toute beauté, de la dentelle.
    Merci pour tout 🙂
    Gros bisous et bel après-midi

  20. Elle est magnifique, l’intérieur est du grande beauté, d’une très belle luminosité. Le jubé est époustouflant, je n’en ai jamais vu de pareil. Merci pour ce beau partage! Bisous Flo

  21. Bonjour Francine merci de nous partager ce merveilleux reportage tu nous offre des sublimes photos j’apprécie ce magnifique moment j’aime énormément merci beaucoup bonne journée sous la chaleur Claudine Daniel

  22. Bonjour et grand merci pour cet article sur cette magnifique église dont tu as su montrer la beauté avec toutes tes photos très réussies, c’est tout simplement grandiose et magnifique j’ai adoré bisous bonne journée MTH

  23. Bonjour Francine,
    cette église est splendide et l’intérieur renferme de beaux vitraux..
    Merci pour tes belles photos qui nous montrent tous ces éléments.
    Bonne journée, gros bisous

  24. Merci de me remettre en mémoire cette magnifique église que j’ai visitée il y a si longtemps que je ne me souvenais même pas du Jubé pourtant très original et rare.
    Les châsses sont magnifiques de même que les vitraux. Très belle série Francine, bises

  25. Splendide intérieur dont j’ai beaucoup aimé les vitraux ! Je trouve très originales les fenêtre toutes en hauteur.
    Bonne journée bien au frais Francine, bises !

  26. Hello Francine
    Et bien merci…je découvre complètement car je pense que je n’y suis pas allé lors de mon séjour parisien. C’est tres beau !
    Bon Jeudi
    Pat

  27. Bonjour d’Angers,
    Oui ! Magnifique édifice tant à l’intérieur qu’à l’extérieur !
    Magnifique reportage en de très belles photos …
    Bonne journée … Amicalement …Claude

    Mon blog : htpp://www.les-mauges.fr

  28. Magnifique église dont je garde un souvenir particulier car j’y ai été témoin du mariage d’une amie….e j’ai meme lu l’épitre!!! Quelle émotion!!
    Bises

  29. Une église magnifique, chargée d’histoire et superbe du point de vue de son architecture..
    Tu as raison d’insister sur cet élément que constitue le Jubé. C’est rare d’en voir et surtout de cette qualité et de cette beauté.De la dentelle de pierre
    Merci de ce superbe partage
    Bon jeudi

Répondre à Francine Annuler la réponse.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Abonnez-vous à ma newsletter afin de vous tenir au courant des derniers articles publiés !