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La barrière d’Enfer Paris

La barrière d’Enfer

Place Denfert-Rochereau Paris 14ème

Paris a été entouré de sept murs ou enceintes au fur et à mesure de son développement. On connaît l’enceinte de Philippe Auguste, c’est la plus ancienne de Paris. Elle devait protéger Paris en l’absence du monarque. La rive droite fut fortifiée de 1190 à 1209 et la rive gauche de 1200 à 1215. Puis l’enceinte de Charles V, construite de 1356 à 1383, remplace rive droite celle de Philippe Auguste. Ce sont les deux plus connues des sept enceintes qui ont entouré Paris. On connaît moins celle des fermiers généraux.

Le mur murant Paris, rend Paris murmurant

Sous l’Ancien Régime, existait une instance, la Ferme générale qui était une compagnie de financiers, privée et privilégiée, établie en 1726, chargée de la collecte des impôts indirects. Les fermiers généraux tenaient à “ferme”, ou à bail, les revenus publics, composés surtout alors de la taille, de la gabelle (l’impôt du sel), de l’impôt des tabacs, des octrois (taxes dues sur certaines denrées basiques, entrant à Paris, telles que l’huile, le sucre, le vin…, etc)

La ferme générale était assez privilégiée, ses membres s’enrichirent rapidement. Leur nomination dépendait du ministre des finances, qui le plus souvent recevait des pots-de-vin considérables. Les abus furent nombreux. L’Assemblée constituante les fit disparaître en 1790 en supprimant les fermes.

Le mur des Fermiers généraux, le fameux mur murant et murmurant, suscita un mécontentement général. Il ne s’agissait plus de protéger la ville, mais d’accroître le montant des recettes de l’octroi.

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Entrer dans Paris n’était pas un mince affaire, il fallait franchir les barrières de l’octroi, et s’acquitter des droits d’entrée sur les marchandises : denrées alimentaires, bois, charbon, paille. Les commis en redingote questionnaient : ” N’avez-vous rien contre les ordres du roi ? ” Question à laquelle il fallait répondre : “Voyez!”

Le mur  a été construit juste avant la Révolution : en 1782, les fermiers généraux proposèrent au roi Louis XVI d’enfermer Paris dans un nouveau mur d’enceinte, percé d’ ouvertures exclusivement destinées à l’introduction des marchandises nécessaires à la consommation des habitants de la capitale. Le projet fut accepté et le mur fut érigé (1784-1790). Cette fonction fiscale rendit le mur très impopulaire.

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Les parisiens furent très mécontents ne s’apercevant qu’on les enfermerait, en témoigne ce fameux alexandrin : « Le mur murant Paris, rend Paris murmurant ».

On peut aussi citer :

« Pour augmenter son numéraire

Et raccourcir notre horizon,

La Ferme a jugé nécessaire

De mettre Paris en prison. »

Le mur, haut de 3,24 m environ, entourait Paris sur une longueur de 24 km (7 lieues). Il entourait approximativement les onze premiers arrondissements de Paris.

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La barrière de l’Enfer

Les passages aménagés dans le mur s’appelaient des barrières, la plupart étaient pourvues de bureaux d’octroi, appelés « propylées » par leur concepteur, l’architecte Claude Nicolas Ledoux. 61 barrières d’octroi le ponctuaient. La barrière de l’Enfer est un des rares vestiges du mur des Fermiers généraux, elle se situe à l’emplacement de l’actuelle place Denfert Rochereau.

L’architecture imposante des pavillons d’octroi accrut encore le sentiment d’enfermement des Parisiens.

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* Le pavillon est, qui abrite l’entrée des catacombes, et des carrières; la plaque que vous voyez sur le mur signale qu’il s’agit de l’ancienne enceinte entourant Paris, mais l’inscription est illisible, usée par le temps !

Bachaumont dénonce un « monument d’esclavage et de despotisme ». Dans son Tableau de Paris (1788), Louis-Sébastien Mercier stigmatise « les antres du fisc métamorphosés en palais à colonnes », et s’exclame : « Ah ! Monsieur Ledoux, vous êtes un terrible architecte ! ».

Le mur, devenu sans objet, fut détruit par le baron Haussmann en 1860 y compris les propylées, à l’exception de quatre d’entre eux.

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*Le pavillon ouest, à la sortie du métro 

Origine du nom

L’appellation de cette barrière venait de la rue d’Enfer, qui débouchait là après avoir traversé le faubourg Saint-Jacques. Quelques historiens pensent qu’elle s’est appelée rue d’Enfer parce qu’elle a été « un lieu de débauches et de voleries », d’autres que le nom est une modification de via inferior (ou voie inférieure), la rue Saint-Jacques par contre étant nommée via superior (ou voie supérieure). L’historien Michel Roblin voit en ce nom une corruption de via Inferior, un dérivé du surnom donné à une porte de l’enceinte de Philippe Auguste, la porte « en Fer ».

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Les deux pavillons de la barrière d’Enfer

Construits par l’architecte Claude Nicolas Ledoux en 1787, ils sont de style néo-classique. existent toujours. Ces bâtiments sont ornés de frises sculptées par Jean Guillaume Moitte représentant des danseuses.

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Les principales voies partant de la barrière d’Enfer étaient le boulevard d’Enfer (une partie de l’actuel boulevard Raspail), la rue d’Enfer (avenue Denfert-Rochereau et boulevard Saint-Michel) et le boulevard Saint-Jacques.

Le troisième tableau de l’opéra La Bohème composé par Giacomo Puccini entre 1892 et 1895 met en scène Mimi quittant Paris par la barrière d’Enfer pour se rendre dans une taverne située non loin de là.

Les deux bâtiments de la barrière d’Enfer sont identiques et situés de part et d’autre de l’avenue du Colonel-Henri-Rol-Tanguy.

Le pavillon 3, à l’est, abrite l’Inspection générale des carrières. L’entrée des catacombes de Paris est située à côté de ce pavillon au no 1.

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*Enormément de monde pour visiter les catacombes.

Le n° de  4, à l’ouest, abrite des services de la voirie. Les souterrains de ce pavillon furent, à partir du 19 août 1944, le siège de l’État-major du colonel Rol-Tanguy, d’où furent donnés les ordres de l’insurrection parisienne.

sources : wikipedia, historia et “mes connaissances personnelles” ! 

44 commentaires pour “La barrière d’Enfer Paris”

  1. voici encore un bel article sur Paris tel qu’ il fut !
    Elles ne sont pas rares les villes dans le monde, ou un mur et des portes permettaient de vérifier entrées et sorties !
    Aujourd’ hui, Bercy n’ a plus besoin de mur pour nous tondre !
    Il n’ empêche que Ledoux nous a laissé quelques beaux vestiges.
    Merci pour cet article documenté.
    bonne journée
    bisous

  2. Bonjour ma petite Francine

    Le tourbillon de la vie, nous somme lundi.
    Si c’est pas beau tout ça, hein !
    Quand on mis le pied dans le manège infernal,
    on y est pour la vie lol ! Si tu n’es pas content(e)
    d’être lundi alors il fallait rester assis sur une chaise
    à regarder tourner le caroussel.
    Tu me trouves étrange aujourd’hui ? Ah !
    Il me faut peut être te voir sourire, et ça ira mieux ensuite.

    Allons faire un tour chez mon amie princesse Jasmine ou
    Soleillon et direction son palais des merveilles.
    On n’a pas tous les jours à faire à une princesse non ?
    Hi Hi ! Bon voyage sur son tapis volant.
    http://jasmine-votre-princesse.eklablog.com/pour-toi-mon-cheri-a106464886

    Merci pour tes visites et ton amitié.

    Prend soin de toi.

    Lolli

  3. MERCI pour ce bel article
    et pour tes recherches c’est du travail
    beaucoup de choses que j ignorais Paris était vraiment intra muros en ce temps la et comme toujours des taxes à payer
    bonne journée pour toi
    bises
    kenavo

    • pour cet articles, pas de recherches, je connaissais déjà !!!! restait à faire les photos de ce quartier méconnu, du moins on ne le montre pas beaucoup, et que j’ai fréquenté quand j’ai débarqué à paname pour le boulot !!!!

  4. Encore un très bel article qui donne envie d’aller sur place pour voir et admirer avec un regard neuf les splendeurs de cette ville !… Belle semaine, chère Francine

    • merci beaucoup !!!!! cet article me trottait dans la tête depuis un moment, je connais depuis longtemps le site, y avait plus qu’à y aller!! j’ai fréquenté pas mal ce quartier ua début que je suis arrivée à paris

  5. Bonjour Francine,
    Merci encore pour cet article , qui a nécessité de la recherche pour nous faire revivre ce Paris d’autrefois et sa gabelle
    avec ses maisons propylées .
    Aujourd’hui , cela je crois s’appelle la TVA.
    Bonne journée
    amitiés

  6. Bonjour Francine,
    Merci pour ce bel article avec tes belles photos et tous les textes se rapportant à ce sujet… En 1934, il y avait encore l’octroi pour entrer dans Paris, car mon père m’a raconté qu’il payait une taxe pour passer des pigeons (ils étaient destinés à la vente sur les marchés) qu’il ramenaient de la province…
    Le ciel a l’air de vouloir se dégagé!…
    Bon lundi, gros bisous

  7. Oui l’octroi n’est plus… mais bientôt on va faire payer autrement les gens qui entreront dans la capital… comme à Londres… toujours prêt à prendre des sous sur le dos des autres pour s’enrichir ou gaspiller… enfin j’exagère pas beaucoup en disant ça…
    Bonne journée
    Jean

  8. Bonjour Francine
    Je ne connais pas si bien Paris que toi, et c’est agréable de découvrir ces beautés, tu en as fait des recherches pour marquer tout ça !
    Je te souhaite une bonne journée, sous le soleil, bisous

    • bonjour, cet article ne m’a pas demandé de recherches, je connaissais déjà, et j’ai toujours entendu cet alexandrin très célèbre! je suis passionnée par paris, et je connais plus la capitale que les parisiens eux mêmes, qui se croient supérieurs parce que parisiens et nés à paris, habitant paris; il n’y a que les riches qui peuvent habiter paris, ou les cas sociaux! “être né quelque part est toujours un hasard” et ne signifie rien du tout bisous
      ps et je rédige mes articles, je ne fais pas de copier coller; mais je suis assez rapide pour rédiger, un bac littéraire, ça aide bien !!!

      • Je vois que tu te promènes beaucoup dans Paris et c’est vrai que tu dois bien connaître pour parler de cette capitale aussi bien que tu le fais,. Avec tes nombreux reportages j’en apprends beaucoup sur Paris, tu as raison ce ne sont pas ceux qui sont nés à Paris qui en connaissent le plus, car ils passent devant certaines choses sans y faire attention. Pour ma part aux beaux jours, je vais aller visiter Versailles que je ne connais pas.
        Tu es très douée pour ce qui est des explications surtout que tu ne fais pas de copiés/collés
        Gros bisous

        • merci!! je connais bien paris, et surtout je m’y intéresse, et je ne raconte pas de conneries; j’aimerais pouvoir m y promener encore plus, avec le boulot ce n’est pas possible surtout en ce moment tu t’en doutes; versailles, tu as beaucoup de choses à voir, c’est un endroit superbe, je ne m’en lasse pas bonne soirée bisous

  9. Bonjour Francine
    alors là pour ce Lundi j ai appris pleins de choses je t en remercie car je ne connaissais pas du tout comment cela ce passait dans cette période et fort intéressant pour moi bien sur toutes tes photographies sont d une beauté ce que j y vois dessus et tes explications je peux te le dire j ai pris mon tant et oui il le faut je t embrasse et bon Lundi Danielle

  10. bonjour francine
    il en reste de beaux vestiges pour le plaisir de nos yeux
    Après l’ épais brouillard que nous avons eu ce matin en plaine de Saône maintenant nous avons quelques rayons de soleil
    Je te souhaite de passer un bon début de semaine
    bisous

  11. Bonjour Francine,
    Voilà un article très intéressant sur un pan (de mur) bien méconnu de l’histoire de la ville!
    Et on se rend compte que de tout temps la politique a été très inventive en matière de taxation… “Nil novea sub solae” !
    Bonne semaine,
    Frans

  12. Bonjour Francine .
    Bel article , mais il y a tant a lire , je repasserai quand j’aurai plus d’ennuis de connection , car j’ai du retard sur les blogs .
    J’attend un technicien pour vendredi .
    Bizz

  13. J’aime bien “visiter” Paris en ta compagnie ! moi qui ne connait que très, très peu , je découvre de formidables histoires ……merci Francine ! bises

  14. Coucou ma Francine,
    Quelle leçon cours d’histoire magistrale tu viens de nous donner sur cette barrière d’enfer, les fermiers généraux, et les bâtiments qui existent toujours. Un véritable régal. Merci. De bien belles photos également.
    Bises et bonne soirée. ZAZA

  15. Bonsoir Francine
    Ils ont fait d’une pierre deux coups avec ce mur et ses droits de passage…. Merci pour ce moment d’histoire…
    Gros bisous et belle fin de journée
    Chronique

  16. Bonsoir Francine,
    je connaissais déjà surtout de ce coté là, celui par lequel nous arrivions pour continuer jusqu’au Lion de Denfert et gagner la rue St Jacques près du Val de Grâce où habitait alors ma bordelaise.Leur immeuble donnait sur les jardins du Val de grâce. Elle habitait à 50 m de là, où mes grands-parents avaient leur épicerie.
    Mais jamais je n’ai vu les choses d’aussi près! C’est bien que tu puisses toi nous faire ces photos de lieux où nous ne nous sommes pas arrêtés car on l’avait trop souvent sous les yeux, ça faisait partie du paysage.
    Mais les barrières d’octroi, ça prenait un temps fou pour les franchir plusieurs jours parfois! Dans le livre “En famille” d’Hector Malot.
    Un de ces jours il faut que je pense à faire des photos des barrières d’octroi de Tours.
    Bonne soirée et nuit Francine et bisous.

  17. coucou un magnifique article sur Paris, dans mon jardin tout commence a fleurir et hier il a fait très beau depuis dimanche matin pas de réseau et pas moyen de publier et d’ouvrir mon blog,je me demande si c’est bien normal,chez nous hier il a fait une journée de printemps,je te souhaite un très bon Mardi,bises

    .

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