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Fouilles archéologiques sur l’Ile de la Cité Paris (2)

Fouilles archéologiques sur l’Ile de la Cité
4e édition des Journées nationales de l’Archéologie

2 rue de Lutèce Paris 4ème

Sous les pioches, ce sont plus de 2000 ans d’histoire.
Depuis la mi-avril quatre archéologues passionnés et un anthropologue piochent, grattent, soulèvent la terre, descellent des gravats. Leur but?  Découvrir le moindre indice, vestige de mur, morceau de céramique ou tombe permettant de retracer l’histoire de l’île de la Cité,intimement liée à celle de Paris.

 Ils ont mis à jour les différentes strates de constructions qui se sont succédées au fil du temps selon un principe de superposition. C’est un Un enchevêtrement irrégulier de murs de pierres, de petits plateaux et de trous creusés à différentes profondeurs.”Le niveau le plus profondément atteint en creusant, 5 mètres, correspondrait à l’an 0 de notre ère et le plus proche de notre niveau de sol actuel, au 18e siècle”.

Que cherchent les archéologues?

Tout simplement la présence de l’oppidum, ou place-forte, de la Lutèce gauloise, qui pourrait se trouver sur l’île de la Cité, si l’on se fie à Jules César. Toutes les recherches effectuées sur l’île ont pour finalité de trouver des traces de la période gauloise.  

Fouilles archéologiques sur l'Ile de la Cité

Quelles sont les premières découvertes ?

Vestiges de l’ancienne abbaye Saint Eloi, sépultures médiévales, vases à encens, éléments lapidaires médiévaux, … 
“En 630, le ministre de la monnaie du roi Dagobert 1er, Saint-Eloi, fait construire à l’emplacement actuel de la préfecture de police un monastère pour femmes, où il installe trois cents jeunes religieuses. Sous prétexte d’ « inconduite » – comprendre outrage aux bonnes moeurs -, les religieux de Saint-Maur des Fossés font expulser les jeunes femmes en 1107 puis s’emparent de l’établissement qui devient alors un simple prieuré :

« Nous cherchons à savoir comment s’est transformée l’abbaye fondée par Saint-Eloi au fil du temps. Au cours de nos fouilles, nous avons retrouvé des vestiges des murs et une partie de son cloître ainsi qu’une dizaine de sépultures datant du Moyen-âge, dont certaines contiennent des vases à encens. En revanche, pas de traces de l’église d’origine, abandonnée à la Révolution. Seule a été retrouvée une partie de la nef de l’église reconstruite en 1632 par l’ordre des Barnabites », ajoute Xavier Peixoto”.

Fouilles archéologiques sur l'Ile de la Cité

*En haut à droite, l’angle sud-est de la nef de l’église des Barnabites et une partie de son cloître ont été mis au jour. Les sépultures ont été retrouvées sur la partie noire, en dessous.

Le travail des archéologues est de rechercher “tous les éléments relatifs à l’histoire de cet établissement religieux depuis ses origines mérovingiennes. Ses puissantes maçonneries ont largement oblitéré les niveaux antérieurs. Dans cet ensemble, des éléments lapidaires médiévaux ont été réemployés dans les fondations de l’église du XVIIe siècle.  

Fouilles archéologiques sur l'Ile de la Cité

*Détail d’une sépulture du cloître du prieuré Saint-Éloi (XIIIe-XIVe s.), 

À l’intérieur du cloître, des sépultures médiévales ont été conservées : une dizaine, attribuée aux XIIIe-XIVe siècles, est actuellement en cours de fouille.

Fouilles archéologiques sur l'Ile de la Cité
*Sépulture du cloître du prieuré Saint-Éloi (XIIIe-XIVe s.)

Certaines contiennent des vases à encens. Ces sépultures se rattachent à une période durant laquelle les moines de Saint-Maur-des-Fossés ont supplanté les religieuses, chassées sous prétexte d’inconduite en 1107.

Fouilles archéologiques sur l'Ile de la Cité

*Sépulture du cloître du prieuré Saint-Éloi (XIIIe-XIVe s.), à droite, un vase à encens.

À ce jour, aucun élément se rapportant à l’église et au cimetière des moniales n’a été retrouvé. Si cela se confirmait, cette absence d’indices conforterait l’hypothèse selon laquelle l’église originelle fondée par Saint-Éloi se trouverait à l’emplacement de l’oratoire Saint-Martial, aujourd’hui disparu, qui s’élevait à quelques dizaines de mètres à l’est de la fouille actuelle”.

Une inscription mystérieuse sur une tombe

Fouilles archéologiques sur l'Ile de la Cité

Une pierre tombale, portant «Petrus Graper» témoigne qu’un Pierre a vécu et est mort sur cette terre il y a de cela six ou sept siècles. Pour Xavier Peixoto, ces corps peuvent être ceux «de paroissiens ou de moines».

“Les niveaux antiques ne sont pas encore fouillés. Le niveau le plus ancien actuellement repéré se situe à 5 mètres sous le sol actuel. Il s’agit d’un dépôt de crue contenant de la céramique datée des environs du début de notre ère. D’autres horizons plus anciens pourraient donc être présents”.

Fouilles archéologiques sur l'Ile de la Cité

*Au milieu, des maçonneries du XIXe siècle, à gauche des niveaux d’occupation antique, découverts sur le site de la préfecture de police de Paris, 2013.

Lutèce : à Nanterre ou sur l’île de la Cité?
En 2003, des fouilles dans les Hauts de Seine ont mis à jour une vaste cité gauloise. Cette découverte a semé le trouble. “Pour certains archéologues, la messe est dite: la «Lutèce gauloise» était installée à Nanterre, dans une boucle de la Seine, et ce n’est qu’après la conquête romaine que la capitale des Parisii fut bâtie sur la rive gauche et l’île de la Cité”.

D’autres spécialistes, dont Xavier Peixoto, responsable des fouilles de la Préfecture de Police,  pense visiblement que c’est aller un peu vite en besogne. “Il rappelle que, dans les années 1990, de la céramique et des ossements d’animaux datant du IVe siècle avant Jésus-Christ ont bien été retrouvés au bord de l’île, preuve «qu’un Gaulois s’est bien promené là», ce qui n’a d’ailleurs rien d’étonnant si l’on considère que l’itinéraire nord-sud passant par là a toujours été un axe majeur”.

Fouilles archéologiques sur l'Ile de la Cité

La fouille de 2013 représente un enjeu majeur, retrouver l’oppidum des Parisii. Dans un  carré de terre daté des environs de l’an zér, des céramiques gallo-romaines ont été retrouvées. Là,  sous cette fine pelli­cule de terre, et en prenant bien garde de ne pas miner les murs des bâtiments existants, les archéologues vont tenter d’arracher à Paris l’un de ses derniers secrets. Des secrets que Paris garde jalousement!

Le vrai trésor archéologique de Paris, “c’est une masse d’indices à récolter et à confronter, plus qu’une grosse découverte qui saute aux yeux”, conclut Mr Peixoto.

Que vont devenir les découvertes ?
Les ossements retrouvés seront  étudiés par une anthropologue pour connaître l’âge des défunts, les causes éventuelles de la mort, les maladies, les conditions de vie, le régime alimentaire… Eventuellement les restes pourront faire l’objet d’une nouvelle inhumation.

Fouilles archéologiques sur l'Ile de la Cité
*Sépulture et pierre tombale gravée du nom de Petrus-Graber découvertes dans le cloître du prieuré Saint-Éloi (XIIIe-XIVe s.)

Tous les objets trouvés seront envoyés au laboratoire pour y être datés. Les pièces les plus importantes seront conservées et mises en dépôt au musée Carnavalet. Quant aux vestiges, à l’issue des fouilles, ils seront conservés sous la dalle de béton qui sera coulée avant les travaux  de rénovation du hall d’accueil de la préfecture de Police de Paris.

crédit photo © Denis Gliksman, Inrap
http://www.inrap.fr/ www.lemonde.fr/ www.lefigaro.fr

 

27 commentaires pour “Fouilles archéologiques sur l’Ile de la Cité Paris (2)”

  1. un superbe reportage  que tu nous offre

     félicitations

     c’est  bien  raconté  et les photos sont trés nettes et parlantes

     je m intéresse  à ce genre de fouilles

     pratiquées sur une abbaye  cistercienne dont souvent je vous montre des photos

    tu vois le temps nous en apprend  et souvent nous sommes logés  sur  les anciennes maisons  de nos ancêtres

     que  cela fasse réfléchir certains  car cà c’est notre passé  là sous nos pieds

     j espére que tes articles serons beaucoup lus et commentés

     bises   kenavo  Francine

  2. c’est un travail minutieux, il faut avoir beaucoup de patience !! j’ai assisté à des fouilles lors de mon dernier séjour en Guadeloupe, un ancien cimetière…

    Pour la transhumance on n’a pu hélas y aller étant rentrés le soir tard…mais j’avais vu les préparatifs..on va se rattraper avec les musées

    bisous

  3. j’ai vu les informations  à la télé,ces fouilles nous rappellent notre passé
    Ce matin ma connexion est meilleure ,mais cela va -t-il durer?
    Je te souhaite une bonne journée
    bisous

  4. c’ est là qu’ on se rend compte de l’ importance des fouilles !

    c’ est tout de même notre histoire, et celle de  Lutèce, est celle des parisis !

    Merci pour ce magnifique reportage.

     bonne journée

    bisous

  5. Super interressantes ces fouilles , il fut un temps ou j’aurais aimé en faire , maisbon , j’ai fait autre chose…sous la terre on trouve souvent des surprises , il y avait bien une vie avant nous ..passes une bonne soirée , bisous

  6. quel superbe article !!! extrèmement bien informé et des détails très intéressants !! quel travail ma chère Francine !! je te félicite …. et tes photos, malgré la difficulté du sujet sont extraordinaires et très représentatives …. bon, en bref, j’aime …. et j’arrête de te cirer les pompes !!! LOL MDR

    BONNE SOIREE ET A DEMAIN

    bisoussssssssssssss

  7. C’est fabuleux , mais dommage que la rue est si étroite il faudrai pousser les murs pour en savoir bien plus

    Un très bel article

    A bientôt

  8. J’apprécie énormément ces billets, ils sont parfaitement documentés ! c’est un véritable travail de titan ces fouilles ! cela mérite à la fois précision et patience ! j’imagine combien ces chercheurs doivent être navrés de refermer sans avoir pu fouiller autant qu’ils l’auraient voulu…..Pour les ossements et les tombes j’ai un avis plus mitigé, ça me dérange toujours un peu cette intrusion sans permission………..Bonne nuit Francine !

  9. Passionnant! je m’émerveille devant ces vestiges du passé! chaque pas dans le Paris médiévial nous projette vers le passé, il suffit de laisser courrir notre imagination…..et nous y sommes.
    Merci à toi Francine de tous ces articles passionnants et ces belles photos. Bravo!

    A+ Bises Christiane 

  10. bonjour, admirablement  bien détaillé ton reportage…on croirait lire celui d’une pro…un grand bravo.pour l’ensemble….Je me suis fait une contracture aux ischio jambiers de la jambe droite,,,difficile de faire de la marche …bonne fin de journée…Bisous de nous deux.

  11. Dire que l’on est tout près du lieu d’où est parti le groupe d’émeutiers qui ont envahi le palais de la Cité, sous la conduite d’Étienne Marcel, le matin du jeudi 22 février 1358. Pierre Bersuire, célèbre traducteur de Tite-Luve, était alors le prieur de Saint-Éloi.

    François Sarindar

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