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Château de Versailles les jardins

En 1661, Louis XIV charge André Le Nôtre de la création et de l’aménagement des jardins de Versailles qui, à ses yeux, sont aussi importants que le Château.
Les allées rectilignes sont tracées au cordeau….tout est parfait. On ne croirait jamais que ce fut une vaste zone de marécages. Le travail fut gigantesque. Voici le témoignage de Saint Simon, qui n’aimait pas Versailles, vous le comprendrez en lisant ses lignes. Mais cela nous donne une idée de ce qu’était Versailles à cette époque.

Mais quoiqu’en dise Saint Simon, le résultat est magnifique. Admirons la perspective, puis empruntons les chemins de traverse et les allées rectilignes qui nous mènent aux bosquets, théatres des grandes eaux musicales, au son d’un douce musique de Lully ou Rameau…Un enchantement des sens… Merci Louis XIV de nous avoir laissé ce sublime héritage.

“…Versailles, le plus triste et le plus ingrat de tous les lieux, sans vue, sans bois, sans eau, sans terre, parce que tout y est sable mouvant ou marécage, sans air par conséquent qui n’y peut être bon.
Il se plut à tyranniser la nature, à la dompter à force d’art et de trésors. Il y bâtit tout l’un après l’autre, sans dessin général; le beau et le vilain furent cousus ensemble, le vaste et l’étranglé. Son appartement et celui de la reine y ont les dernières incommodités, avec les vues de cabinets et de tout ce qui est derrière les plus obscures, les plus enfermées, les plus puantes. Les jardins dont la magnificence étonne; mais dont le plus léger usage rebute, sont d’aussi mauvais goût.

On n’y est conduit dans la fraîcheur de l’ombre que par une vaste zone torride, au bout de laquelle il n’y a plus, où que ce soit, qu’à monter et à descendre; et avec la colline, qui est fort courte, se terminent les jardins. La recoupe y brûle les pieds, mais sans cette recoupe on y enfoncerait ici dans les sables, et là dans la plus noire fange. La violence qui y a été faite partout à la nature repousse et dégoûte, malgré soi. L’abondance des eaux forcées et ramassées de toutes parts les rend vertes, épaisses, bourbeuses; elles répandent une humidité malsaine et sensible, une odeur qui l’est encore plus. Leurs effets, qu’il faut pourtant beaucoup ménager, sont incomparables; mais de ce tout, il résulte qu’on admire et qu’on fuit.

Du côté de la cour, l’étranglé suffoque, et ces vastes ailes s’enfuient sans tenir à rien. Du côté des jardins, on jouit de la beauté du tout ensemble, mais on croit voir un palais qui a été brûlé, où le dernier étage et les toits manquent encore. La chapelle qui l’écrase, parce que Mansart voulait engager le roi à élever le tout d’un étage, a de partout la triste représentation d’un immense catafalque. La main-d’œuvre y est exquise en tous genres, l’ordonnance nulle; tout y été fait pour la tribune, parce que le roi n’allait guère en bas, et celles des côtés sont inaccessibles, par l’unique défilé qui conduit à chacune. On ne finirait point sur les défauts monstrueux d’un palais si immense, et si immensément cher, avec ses accompagnements qui le sont encore davantage.

Orangerie, potagers, chenils, grande et petite écuries pareilles, commun prodigieux; enfin une ville entière où il n’y avait qu’un très misérable cabaret, un moulin à vent, et ce petit château de cartes que Louis XIII y avait fait pour n’y plus coucher sur la paille, qui n’était que la contenance étroite et basse autour de la cour de martre, qui en faisait la cour, et dont le bâtiment du fond n’avait que deux courtes et petites ailes. Mon père l’a vu et y a couché maintes fois. Encore ce Versailles de Louis XIV, ce chef-d’oeuvre si ruineux et de si mauvais goût, et où les changements entiers des bassins et de bosquets ont enterré tant d’or qui ne peut paraître, n’a-t-il pu être achevé.

Parmi tant de salons entassés l’un sur l’autre, il n’y a ni salle de comédie, ni salle de banquet, ni de bal; et devant et derrière il reste beaucoup à faire. Les parcs et les avenues, tous en plants, ne peuvent venir. En gibier, il faut y en jeter sans cesse; en rigoles de quatre et cinq lieues de cours, elles sont sans nombre; en murailles enfin qui, par leur immense contour, enferment comme une petite province du plus triste et du plus vilain pays du monde.
{…}
Telle fut la fortune d’un repaire de serpents et de charognes, de crapauds et de grenouilles, uniquement choisi pour n’y pouvoir dépenser. Tel fut le mauvais goût du roi en toutes choses, et ce plaisir superbe de forcer la nature, que ni la guerre la plus pesante, ni la dévotion ne put émousser”.

Tome 12 – CHAPITRE XIX.
Mémoires de Saint Simon
Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, naît dans l’ombre du Château. Fils de Claude de Saint-Simon, ancien favori de Louis XIII, il est baptisé à Versailles en 1677. Son parrain n’est autre que Louis XIV et sa marraine Marie-Thérèse d’Autriche, l’épouse du Roi.
Saint Simon est le “mémoire” de Versailles. Grâce à ses écrits, nous avons un des témoignages les plus complets sur le règne de Louis XIV. Installé à la cour, l’historien et écrivain dépeint le quotidien de Versailles et se passionne également pour les affaires politiques. 

sources :

http://rouvroy.medusis.com/docs/1213.html?qid=sdx_q0
http://www.chateauversailles.fr/ 

 

26 commentaires pour “Château de Versailles les jardins”

  1. là nous sommes dans une autre dimension….celle des rois …
    Encore un temps pourri…je vais faire des essais photos à la maison.Bonne journée..bises.

  2. Bonjour Francine, ah ce filleul n’est guére sympa pour le roi et ses choix, mais justement il est certainement juste et vrai pour l’époque… merci pour ce pan de mémoire, j’adore ca .
    Un mercredi de soleil, frais mais clair, cool.. bisous

  3. bonjour magnifique parc j’aime bien m’y balader!! les photos sont triées le film est monté,pas mal de boulot a l’extérieur taille des haies entre 2 averses .normalement premier article debut de semaine … bel aprem bises

  4. je ne sais ce que tu fais mais depuis qq jours le lien que tu laisse sous ton nom doit être faux car je n’arrive pas à t’avoir…heureusement que je t’ai dans la liste des amis…déjà mercredi…wouaah ce que le temps passe vite…bonne soirée amie

  5. J’avoue !! je n’ai pas tout lu … ça va être l’heure des desperates housewives … mais dis donc, il n’y va pas demain morte le monsieur … ça ne donnait vraiment pas envie d’aller à Versailles à cette époque. Et bonjour les microbes dans une atmosphère aussi malsaine ! (enfin ça j’en avais déjà eu des échos).
    bonne fin de semaine Francine.

  6. Hello Francine
    On voit que c’est deja l’automne chez toi avec les couleurs … Ivi , il fait aujourd’hui 25/26° et ce matin , j’ai meme passé la tondeuse dans le jardin en torse nu tellement il fait chaud !
    bisous
    pat

  7. Encore un mot : j’aime beaucoup Versailles, surtout le parc.

    C’est entendu pour le scanner.

    Je t’appellerai peut-être ce week end…

    Bises.

  8. Encore merci Francine pour ces articles sur Versailles. Même si la saison n’est pas la plus belle, je vais me réserver une journée durant les prochaines vacances pour y faire un petit tour.
    Bonne journée
    Bises
    Nanou

  9. bonjour francine
    c’est tout simplement sublime
    comme j’ai aimé ,me ballader et une rude ballade
    car c’est immense , dans les jardins de versailles
    et encore j’ai pas pu tout voir
    un jour peut être
    gros bisous passe une bonne soirée

  10. Bon Jour Francine,
    Des belles allées, bien droites, bien rangées, propres et nettes.
    Joli pour le photo et le graphisme, mais j’avoue avoir une préférence pour le coté un peu sauvage.
    Cela dit, chouettes photos.
    Bisous et bonne journée

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