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1914-2014 : Stratégique Forêt ! (2)

Organisation défensive sous forêt, col des Journaux, Vosges, novembre 1916

Parvis de l’Hôtel de Ville de Paris 

1914-2014 : Stratégique Forêt ! Du Camp Retranché de Paris à la ceinture verte

L’USAGE DE LA FORET ET DU BOIS PENDANT LA GUERRE

Sur le front, les forêts servent d’appui à la stratégie militaire. L’armée utilise le masque forestier pour se protéger, dissimuler des équipements, se déplacer. Pour faciliter le mouvement des troupes et les combats, les travaux des cartographes sont essentiels.

A la veille de la guerre, les militiares ne disposent au mieux que de cartes au 1:80 000. Le développement de la photographie aérienne va permettre d’obtenir des cartes spécialisées selon les besoins. La forêt est aussi un gigantesque réservoir de bois. les besoins sont considérables, que ce soit pour se chauffer, cuire les aliments, construire et entretenir les tranchées.

1 km2 de front en forêt exige 3000 tonnes de bois pour le seul aménagement des ouvrages. Les scieries sont mobilisées. Les besoins s’accroissent encore avec le développement de l’aéronautique.

1914-2014 : Stratégique Forêt !

*Fabrication de claies pour le renforcement des tranchées, bois d’Hauzy, Marne, juillet 1915

La forêt combattante

« L’Argonne! On s’est battu là comme on s’est battu nulle part. Sous le couvert impénétrable des arbres, dans l’ombre tôt venue des nuits, la lutte a eu là sa marque propre; car la guerre des bois n’est pas la guerre des plaines. »

1914-2014 : Stratégique Forêt !

 *Fantassins allemands dans un abri-terrier en 1915 dans la forêt d’Argonne

Le quotidien en forêt

1914-2014 : Stratégique Forêt !

* soldats jouant aux cartes dans une tranchée Vosges août 1916

1914-2014 : Stratégique Forêt !

*barbier, port de Berne, forêt de Compiegne

Les usages du bois

1914-2014 : Stratégique Forêt !

*Soupe, entre abri et chemin de rondins, bois d’Hauzy, Marne, juillet 1915 et Bivouac d’un échelon de batterie d’artillerie, camp de l’Ermitage, Marne, juin 1917

Le bois ne servait pas seulement qu’à construire les tranchées, il fallait aussi se chauffer, et manger. 3000 tonnes de bois étaient nécessaires pour 1km2 de front. Voici les besoins en bois de boulange de l’armée :

Pour 1 corps d’armée par jour : entre 23 et 33 tonnes de pain, soit 8 stères

Pour 1 corps d’armée par an : 3000 stères

Pour 20 corps d’armée par an (armée française en 1914) : 60 000 stères

1 ration de pain = 750 grammes de pain 

1914-2014 : Stratégique Forêt !

*Construction d’une meule de charbonnier, Pourcy, Marne, novembre 1917

GESTION DE LA FORET PENDANT LA GUERRE

Les coupes et le transport du bois mobilisent beaucoup d’hommes. Au début de la guerre, l’exploitation des forêts s’organise dans l’urgence : il faut répondre aux énormes besoins du front, or les chasseurs forestiers sont au combat.

En 1917, est créé les Comité général des bois puis le ministre de l’Agriculture met en place les Services forestiers d’armées, SRA. En parallèle, les soldats américains, les bûcherons canadiens, maoris ou d’autres nationalités viennent appuyer les forestiers français. Les forêts n’ont pas pour autant été épargnées par les combats. Mais même en « zone rouge », elles reprendront leurs droits après-guerre.

Exploiter et transporter le bois

Le débardage en forêt

Les besoins en bois de construction sont tels que tous les moyens de traction mécanique et animale sont mobilisés pour assurer le débardage des troncs en forêt et leur transport jusqu’aux scieries. Les Allemands vont jusqu’à utiliser les éléphants du zoo de Berlin.

1914-2014 : Stratégique Forêt !

*Débardage de bois, région de Reims, août 1915

1914-2014 : Stratégique Forêt !

*Pose des traverses d’une voie ferrée par le génie, Vailly, Aisne

1914-2014 : Stratégique Forêt !

 *Train de bois sur l’arrière du front, Verrières en Argonne, Marne, Janvier 1917

S’organiser pour fournir

2 août 1914 : les chasseurs forestiers sont mobilisés pour aller sur le front. Ils ne peuvent plus assurer la gestion des forêts. 19 mai 1915 : une ordonnance crée les « centres d’approvisionnement de bois ». Les quatre premiers sont ceux de Rouen, Orléans, Besançon et Bordeaux.

1914-2014 : Stratégique Forêt !

*hippodrome de Vincennes transformé en gigantesque entrepôt de bois, 1917

3 juillet 1917 : un décret organise le Comité général des bois et définit sa mission. Le « Service forestier d’armée » est placé sous la double tutelle du ministère de l’Agriculture et de celui de l’Armement et des Fabrications de guerre.

 1914-2014 : Stratégique Forêt !

*Déchargement du bois sur les quais de paris, octobre 1917

Les forestiers alliés

Les armées alliées contribuent à l’exploitation forestière. Elles apportent de nouvelles pratiques, comme les scieries mobiles canadiennes. Peu soucieuses du long terme, elles pratiquent au début des coupes abusives. puis elles sont encadrées par les forestiers français.

1914-2014 : Stratégique Forêt !

* Bois calibré pour les tranchées, forêt de l’Isle-Adam, Val d’Oise, août 1915

La forêt pendant et après la guerre

1914-2014 : Stratégique Forêt !

*Arbre abattu sur la tranchée, le Bois-Carré, Vienne le Château, Marne, mai 1916

« Parfois un craquement colossal prolonge l’explosion d’un obus. Puis c’est un frémissement des cimes, un crépitement de branches qui cassent : et l’on voit un des géants restés debout par la clairière s’incliner lentement vers le sol, accélérer sa chute et s’abattre de toute sa hauteur, dans un gémissement d’air fouetté. Et lorsqu’enfin il est tombé en travers des taillis écrasés, immense cadavre allongé dans les herbes, il semble qu’un remous énorme se creuse à la place même où s’épanouissait sa ramure, un remous, dans quoi tourbillonnent des myriades de choses légères, plumes, brindilles, feuilles d’or pâle ou de cuivre, pêle mêle dans un nuage de poussière dont parvient jusqu’à nous l’âcre senteur de tan. »

1914-2014 : Stratégique Forêt !

*Boyau français après la guerre, ferme du Chamois, Badonviller, Meurthe et Moselle

1914-2014 : Stratégique Forêt !

*Abri du Konprinz après la guerre, Emberménil, Meurthe et Moselle, à côté le même abri, aujourd’hui, tranchées après la guerre, rocher du col de la Chapelotte, Vosges, à côté, le même rocher aujourd’hui

50 commentaires pour “1914-2014 : Stratégique Forêt ! (2)”

  1. Coucou ma douce Francine

    Toc toc, je suis la porteuse (non pas de pain), de café
    et d’amitié. Si tu aimes ça, alors sers-toi à volonté.
    J’ai même pour toi des rayons de soleil tout au miel.
    Un ciel bleu et tout ce que tu veux.

    Comment vas-tu ces temps-ci ?
    Le beau temps est par là ou par ici,
    j’espère que grâce à ça tu souris.
    Pour moi ça va merci.
    Mais ça ne m’empêche pas de penser quand même
    à mes amis qui ont des soucis, et à ceux-ci
    je leur dis, tant qu’il y a de l’espoir, il y a de la vie.

    Je te remercie de publier de si belles choses dans tes
    articles, à voir et à revoir sans respecter de cycle. Hi Hi !

    Prends soin de toi.

    Lolli

  2. Bonjour Francine,
    magnifiques toutes ces anciennes photos des forêts autour de Paris pendant la première guerre mondiale.
    Le temps a changé, il y avait de l’orage ce matin…
    Bonne journée, gros bisous

  3. Bonjour
    Ces hommes à cette époque étaient des costauds qui pouvaient travailler dur très dur..; aujourd’hui cela deviendrait impossible de faire ce qu’ils ont fait…
    Sincèrement
    Jean

  4. Je suis admirative devant la qualité constante de tes documents et photos à l’appui
    Belle journée à toi
    Ici, le soleil essaie de se montrer ce matin oufff !

  5. Il y a beaucoup de livres, d’expos, de documents présentant cette période et je trouve cela très bien!
    Sachons en prendre connaissance, c’est notre histoire!
    Bises du jour de Mireille du Sablon

  6. Bonjour Francine…. une époque plus que dure pour ces soldats et les civils de l’autre côté aussi…. avoir connu ce temps-là… que dire, rien de plus et prier pour que…. plus jamais…. Merci, bises

  7. superbes expo
    super reportage
    ces hommes étaient solides et bien bâtis
    je ne pense pas que maintenant beaucoup pourraient le faire
    ces conditions étaient difficiles on le voit bien
    et se sont nos ancêtres bravo et merci à eux
    kenavo
    bises FRANCINE

  8. Très bon travail de recherche,c’est bon de ressortir de temps en temps des reportages pareils,nos spécialistes se plantent souvent en voulant nous faire des analyses qui ne servent qu’à ce faire valoir.

  9. BONJOUR FRANCINE
    quel reportage Magnifiquement expliquer sur ces Hommes soldats comment ils ont vécurent la guerre et autres merci de ces photographies qui en disent long un tant que tu as passer sur cet article un grand merci de savoir faire et d apprendre le Passer de tout bisous excellent Mercredi Danielle

  10. On n’ imagine pas les quantités de bois qu’ il faut pour nourrir un bataillon, et solidifier les tranchées !
    Une bataille dont les manuels d’ histoire ne parlent pas, mais qui a bien existé !
    Si je comprends bien, les allemands avaient adopté la même technique !
    Merci pour cette description illustrée
    bonne journée
    bisous

  11. Bjr Francine
    On ne s imagine pas tout çà , volume , travail, problème d ‘epoque !!!
    Pour la mémoire , la reconnaissance aux anciens , joli travail documentaire que tu as fait – Merci
    Bonne journée Biz

  12. Quel beau reportage sur cette guerre, je n’aurais pas aimé être à cette époque, ces hommes ont dû en voir des cadavres pfffff
    Je te souhaite une bonne journée bisous

  13. Bonjour , on peut dire que le bois à été l’un des éléments qui a permis de sauver bien des vies….mais quel travail cela à représenté…l’illustration et les commentaires
    sont remarquables….bonne fin de journée..Bisous …allez la France..!!

  14. La petite sur la protection en bois voyait que je prenais des photos mais elle ne voulait pas partir, je lui faisais des signes mais elle restait alors j’ai pris ma photo quand même que veux tu y faire.
    bisous

  15. étonnantes et encore bien nettes et bien conservées ces photos !! on dit eau source de vie mais ici c’est le bois qui prime !! les alentours ont dûs être déforestés !! étonnantes ces claies, du travail d’artiste, je ne sais pas si de nos jours on saurait en faire autant
    bisous

  16. étonnantes et encore bien nettes et bien conservées ces photos !! on dit eau source de vie mais ici c’est le bois qui prime !! les alentours ont dû être déforestés !! étonnantes ces claies, du travail d’artiste, je ne sais pas si de nos jours on saurait en faire autant
    bisous

  17. Coucou en ce milieu de semaine ! merci pour ce superbe reportage, c’est impressionnant. Ici en Touraine il pratique encore un peu le débardage avec les chevaux. Mais aussi pour entretenir les vignes. Bonne après midi, bisous.

  18. bonjour fracine
    un superbe billet sur cette guerre qui fit des milliers de morts
    Du soleil aujourd’hui ,pas eu assez de pluie pour le jardin
    Je te souhaite de passer une bonne fin de journée
    bisous

  19. bonjour Francine je suis en admiration devant toutes ces photos elles sont très rares je suppose merci pour les explications bisous
    Marcel

  20. Je découvre tout ce pan d’histoire…….à moins que je ne l’ai oublié, ce qui n’est pas impossible ! quel travail difficile pour ces hommes ……avec peu de moyens matériels en plus !! belle fin de journée Francine ! bisous !

  21. Bonjour Francine, je n’en reviens pas de l’importance du bois dans cette guerre, c’est fou !!! de belles illustrations et explications !!
    Bonne journée gros bisous Rozy

  22. Hello Francine
    Ce matin, je n’ai pas eu le temps de reflechir à mas gastro pour essayer de sauver le jardin… L’adrenaline de voir tout ravagé a du me soigner ….
    J’ai acheté beaucoup de tuteurs pour essayer de redresser quelques fleurs …J’espere que cela va repartir !
    Bizz
    Pat

    * j’ai vu à la TV que certains quartiers de Grasse ont eu des inondations catastrophiques ..toujours ceux proche des cours d’eau.

  23. Bonsoir Francine. Voilà un aspect du conflit que je ne connaissais pas du tout , c’est pourtant bien logique. Bravo pour cet article; que d’informations dans bien des domaines.
    J’ai lu ton com à propos des forts. Ici aussi, autour de Namur, ils ont été nombreux.
    Bonne soirée -:) – Francine Clio

  24. Bonsoir Francine,
    Et aujourd’hui on se plaint !!! à voir tout ce qui c’est passé, les pauvres, ile ont bossé aussi pour leur famille !!!! je pense
    Ils avaient quand même le moral, ils jouaient aux cartes ; enfin, tu nous a fait encore un superbe reportage, très touchant,
    beaucoup ne connaissent pas toute cette souffrance qu’ils ont enduré…
    Gardons le moral….. bonne soirée, bises, Roguidine

  25. Merci de nous faire partager cette belle exposition. C’est très émouvant.
    Merci aussi de ta visite sur mon blog . J’y ai ajouté un autre diaporama encore sur les Pyrénées.
    Je reviendrais sur ton blog qui est très attrayant.

  26. Bonjour Francine,
    Excellent reportage d’une face moins connue de la guerre. On peut s’étonner que des arbres aient repoussé sur les champs de bataille rendus méconnaissables par le tir d’artillerie!!!
    Mais la nature prend toujours le dessus: elle a tout son temps 🙂
    Amitiés, Frans

  27. bonsoir Francine,
    Excellent reportage avec ses photos qui nous rappel une période de guerre que nous n’avons pas connu
    Merci pour cette transmission au virtuel
    Bonne soirée
    amitiés

  28. Bonsoir Francine,
    nous avons regardé toute ta page soit trois articles avec mon mari. Il a bien apprécié.
    Il me disait que si toute cette énergie pendant toutes ces guerres étaient déployées pour un mieux vivre de chacun comme la vie serait belle pour tous!
    Mais ces hommes n’avaient pas le choix c’était marche ou crève, et en plus c’était la protection de tous les civils ou ce qu’ils réussissaient à faire.
    C’est à la fois triste et beau, cette énergie qui les habitait pour la défense de la nation.
    Tu as réalisé un fantastique travail, bravo Francine et bisous.
    PS: tu as raison j’écrivais beaucoup mieux à la plume, ensuite ce fut le porte-plume un peu moins bien ne parons pas du bic, qui a déformé les écritures, la seule chose qui reste bien c’est le crayon à papier comme on dit à Paris. En Touraine ils parlent de crayons de bois!
    Mais il n’y a plus de pupitres à cirer. N d’encrier à remplir.

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